Mesures sanitaires - L’OFSP ne s’avance pas sur d’éventuels assouplissements
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Coronavirus en SuisseL’OFSP ne s’avance pas sur d’éventuels assouplissements

Dans le cadre de son point sur la situation hebdomadaire, l’Office fédéral de la santé publique a jugé mardi la situation «fragile», mais ne laisse rien filtrer sur d’éventuelles réouvertures.

par
Julien Baumann
Virginie Masserey, de l’OFSP, n’a pas donné d’informations supplémentaires sur les décisions du Conseil fédéral attendues mercredi.

Virginie Masserey, de l’OFSP, n’a pas donné d’informations supplémentaires sur les décisions du Conseil fédéral attendues mercredi.

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Le Conseil fédéral doit annoncer demain les prochaines étapes d’assouplissement des mesures prises contre la propagation du Covid-19 en Suisse. La réouverture, même partielle des restaurants, des bars et de nombreux lieux culturels sont au centre de l’attention. L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a fait le point sur la situation en Suisse mardi après-midi devant la presse à Berne.

Virginie Masserey, cheffe de la section Contrôle de l’infection et programme de vaccination à l’OFSP, considère que «la situation reste fragile, mais on a de bonnes perspectives». La Suisse compte 2241 cas supplémentaires en 24 heures, 82 hospitalisations et 10 décès, enregistrés depuis lundi. L’OFSP note une lente hausse des cas et des hospitalisations mais des décès qui restent stables «à un niveau bas». Autre fait encourageant: la progression de la vaccination. «Le rythme des vaccinations a augmenté», a indiqué Virginie Masserey. «13% de la population suisse a reçu au moins une dose à ce jour».

Malgré des signes d’amélioration, les critères fixés par la Confédération pour permettre des assouplissements des mesures ne sont pas atteints. Seul le critère du nombre de lits en soins intensifs occupés par des patients Covid, qui doit être inférieur à 250, est rempli à l’heure actuelle.

Le taux de reproduction, l’incidence sur 14 jours, la moyenne sur sept jours des hospitalisations et des décès présentent tous des chiffres supérieurs à ce qui est exigé pour entrevoir des assouplissements. «Quatre critères sur cinq ne semblent pas remplis. Cela veut dire soit que ces valeurs sont excessivement exigeantes, soit qu’on est dans une situation fragile dans laquelle on doit être très vigilant», a commenté Virginie Masserey.

Critères «illégaux» selon Gastrosuisse

L’impatience est grande dans les milieux de la restauration et des loisirs. Gastrosuisse a d’ailleurs publié mardi un communiqué indiquant que selon un avis de droit du 12 avril émis par deux spécialistes, les mesures prises par le Conseil fédéral seraient illicites. Gastrosuisse estime que les critères justifiant des mesures «doivent prendre en compte non seulement la situation épidémiologique, mais aussi les conséquences économiques et sociales.»

Les indicateurs et valeurs indicatives publiés par l’OFSP pour les prochaines étapes d’assouplissement ou de restrictions s’avèrent aussi inadaptés qu’incomplets, juge Gastrosuisse qui demande donc au Conseil fédéral d’«élaborer des indicateurs (…) adéquats pour également prendre en compte dans ses décisions les aspects économiques et sociaux, en particulier en ce qui concerne les mesures ordonnées jusqu’à présent.»

Sans répondre directement aux propos de Gastrosuisse, Virginie Masserey a rappelé mardi que les indicateurs de l’OFSP sur la situation épidémiologique ne sont pas les seuls à peser dans la balance: «On l’a toujours dit, il n’y a pas d’automatismes entre ces valeurs et les décisions. Ce ne sont pas les seuls critères pris en compte. Il y a aussi des critères économiques, politiques, psychiques, etc. Ces valeurs indicatives ne sont pas sacro-saintes et je ne vais pas me prononcer sur la décision qui appartient au Conseil fédéral.»

La responsable n’a rien laissé échapper quant aux décisions qui seront annoncées mercredi par le Conseil fédéral, mais elle n’a pas non plus fermé la porte à une réouverture des terrasses par exemple. «Si des décisions d’ouvrir sont prises demain, ce sera en connaissance des risques. Cela devra être clair pour tout un chacun qu’il y aura encore beaucoup de règles à respecter pour pouvoir profiter de certaines ouvertures.»

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