Actualisé 23.06.2016 à 23:52

FranceLoi Travail: manifestation sans incident majeur

La police a procédé à une centaine d'interpellations avant le début de la manifestation.

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Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a fait état de 62 interpellations en France à la suite des violences. 78'000 personnes ont défilé selon la police, 170'000 selon les organisateurs. (Jeudi 15 septembre 2016)

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a fait état de 62 interpellations en France à la suite des violences. 78'000 personnes ont défilé selon la police, 170'000 selon les organisateurs. (Jeudi 15 septembre 2016)

Keystone
Les violences qui ont éclaté jeudi en France, lors des manifestations pour réclamer l'abrogation de la loi Travail, ont fait une vingtaine de blessés. (15 septembre 2016)

Les violences qui ont éclaté jeudi en France, lors des manifestations pour réclamer l'abrogation de la loi Travail, ont fait une vingtaine de blessés. (15 septembre 2016)

AFP
Plusieurs milliers de personnes ont commencé à défiler jeudi dans plusieurs villes de France pour réclamer l'abrogation de la loi Travail. «Montrer qu'on est toujours là et qu'on n'est pas d'accord», a déclaré l'un des manifestants après des mois de conflit social. (Jeudi 15 septembre 2016)

Plusieurs milliers de personnes ont commencé à défiler jeudi dans plusieurs villes de France pour réclamer l'abrogation de la loi Travail. «Montrer qu'on est toujours là et qu'on n'est pas d'accord», a déclaré l'un des manifestants après des mois de conflit social. (Jeudi 15 septembre 2016)

Keystone

Les opposants au projet de loi Travail ont organisé jeudi une nouvelle journée de mobilisation en France, la 10e. Aucun incident majeur n'a été signalé. A Paris, une centaine de personnes contrôlées notamment avec des objets pouvant servir de projectiles ont été interpellées. D'autres arrestations ont eu lieu, notamment à Rennes.

Dans la capitale, entre 60 et 70'000 personnes ont manifesté dans le calme sur le parcours en boucle imposé par les autorités. Ces chiffres ont été communiqués par les syndicats CGT et Force ouvrière. Elles étaient entre 19'000 et 20'000, selon la police.

Les manifestants étaient tenus à un aller-retour d'un peu plus de 1,5 km entre la place de la Bastille et la Seine, avec interdiction de s'écarter de cet itinéraire très surveillé. Aucun débordement n'a été signalé.

La police avait pris des mesures de sécurité renforcées. Plus de 2000 membres des forces de l'ordre étaient déployés et des grilles installées autour de la place de la Bastille. Les syndicats avaient également renforcé leur propre service d'ordre.

«Aucune violence, aucun débordement ne sera toléré», avait prévenu le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, après avoir trouvé un compromis in extremis avec la CGT et FO sur l'itinéraire de jeudi.

Regrets

Les manifestants, dont beaucoup regrettaient le parcours circulaire imposé, ont affirmé leur détermination à obtenir le retrait de la loi Travail.

«Etat policier, on ne nous empêchera pas de manifester», scandaient des manifestants défilant derrière des drapeaux du syndicat Sud. «Tout le monde déteste la loi Travail, le capitalisme, le Medef, l'Etat policier, le gouvernement», pouvait-on aussi lire sur une bannière accrochée au pied de la Colonne de Juillet, place de la Bastille.

Manifestation sauvage

Dans le même temps, une centaine de personnes ont mené une manifestation sauvage devant le palais Brongniart, place de la Bourse, dans le 2e arrondissement de Paris, avant de se disperser.

Par ailleurs, une centaine de personnes parties en manifestation non autorisée dans le Nord de Paris vers 21h00 de Ménilmontant vers Belleville ont dégradé la façade du siège du syndicat réformiste CFDT. La CFDT est principal soutien à la loi El Khomri parmi les syndicats. En lettres rouges, ils ont inscrit sur la façade : «C'est fini de trahir».

Le Premier ministre, Manuel Valls a condamné les faits, ainsi que le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger.

Grand écart

A Marseille, le grand écart entre les chiffes des manifestants et ceux de la police est frappant. Selon la maréchaussée, 2840 personnes ont manifesté jeudi matin, 45'000 selon les organisateurs. A Toulouse, ils étaient entre 3500 et 12'000, soit environ deux fois moins que lors de la précédente journée d'action, le 14 juin.

A Bordeaux, les manifestants étaient environ 2000, selon la préfecture, et 7000 d'après les organisateurs. A Rennes, où 1500 à 3000 personnes ont battu le pavé, des vitrines de banques et d'agences immobilières ont été taguées ou brisées.

«Si le gouvernement s'entête, on verra cet été, mais on verra surtout à la rentrée», a déclaré à la presse le numéro un de FO, Jean-Claude Mailly, avant le départ du cortège parisien.

Valls mis en cause

CGT et FO en appellent toujours à l'intervention de François Hollande pour débloquer la situation et mettent en cause l'intransigeance supposée de son Premier ministre, Manuel Valls.

Pour éviter de nouvelles violences jeudi, le gouvernement avait d'abord demandé aux syndicats d'organiser un rassemblement statique, puis interdit mercredi le cortège, suscitant un tollé, avant finalement de l'autoriser sur un parcours imposé.

L'interdiction éphémère de la manifestation de jeudi a suscité une levée de boucliers au sein de la gauche au pouvoir comme de la droite et de l'extrême droite. Certains ont critiqué «un terrible aveu de faiblesse» de l'Elysée, d'autres l'«incurie du gouvernement».

Le président François Hollande a réaffirmé jeudi que l'exécutif irait «jusqu'au bout» sur cette loi. Mais les syndicats n'entendent pas désarmer et prévoient déjà une autre manifestation mardi prochain, qui est pour l'instant autorisée.

(AFP)

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