Pandémie - L’OMS, l’OMC et le FMI plaident pour l’égalité vaccinale
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PandémieL’OMS, l’OMC et le FMI plaident pour l’égalité vaccinale

Les quatre organisations internationales majeures, dont la Banque mondiale, ont appelé le G7, qui se réunit bientôt, à financer la mise en oeuvre d’une injection équitable.

Photo d’illustration.

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Les leaders mondiaux doivent prendre un «nouvel engagement» à oeuvrer à une distribution plus équitable des vaccins contre le Covid-19 sur la planète pour espérer vaincre la pandémie, et éviter une «reprise économique à deux vitesses», ont demandé mardi quatre organisations internationales majeures.

Les chefs de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale ont appelé le G7, lors de son prochain sommet au Royaume-Uni dans le courant du mois, à accepter de verser 50 milliards de dollars (soit autant de francs suisses) pour un plan anti-pandémie élaboré par le FMI et déjà exposé lors du Sommet de la santé à Rome.

Une telle injection de fonds permettrait «d’augmenter considérablement la production de diagnostics, de traitements, d’oxygène, d’équipements médicaux et de vaccins en vue d’une distribution équitable», a détaillé le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Ce montant doit permettre de générer 9000 milliards de dollars (autant de francs suisses) pour l’économie mondiale d’ici 2025, ont estimé les quatre responsables en conférence de presse.

L’objectif est de vacciner au moins 40% de la population mondiale d’ici la fin de l’année, et au moins 60% d’ici la fin de 2022 pour permettre une reprise économique mondiale durable.

La directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a, elle, demandé aux Etats de renoncer aux restrictions sur le commerce des vaccins et matières premières nécessaires pour leur production, et a réitéré son appel à augmenter les capacités de production locales de vaccins, grâce notamment au transfert de technologies.

«Vous vous demandez peut-être pourquoi le FMI s’intéresse à la vaccination?» a pour sa part lancé la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva. C’est, a-t-elle expliqué, parce que «nous sommes très préoccupés par le fait qu’une pandémie à deux vitesses entraîne une reprise économique à deux vitesses».

«Et nos données montrent qu’à court terme, la vaccination mondiale est le moyen le plus efficace de stimuler la production mondiale. En d’autres termes, la politique vaccinale est une politique économique», a-t-elle insisté.

«Action mondiale»

Le président de la Banque mondiale David Malpass a pour sa part jugé «vital d’accélérer la chaîne d’approvisionnement» afin de «raccourcir le délai entre la fabrication du vaccin et son injection».

«Actuellement, beaucoup trop de doses attendent d’être attribuées», a-t-il déploré.

Selon de nombreux observateurs, les inégalités vaccinales entre pays riches et pauvres compliquent et prolongent une pandémie qui a déjà tué plus de 3,5 millions de personnes dans le monde.

Dans une tribune commune publiée mardi dans le quotidien américain Washington Post, les quatre dirigeants de l’OMS, OMC, FMI et Banque mondiale ont estimé que ces inégalités avaient favorisé l’émergence de variants du coronavirus qui ont entraîné de nouvelles flambées épidémiques dans les pays en voie de développement.

«Il est tout à fait clair qu’il n’y aura pas de résilience globale de la pandémie de Covid-19 sans mettre fin à la crise sanitaire. L’accès aux vaccins est la clé des deux», écrivent-ils. «En finir avec la pandémie est possible – et cela nécessite aujourd’hui une action mondiale».

L’OMS, qui avait déjà qualifié en mars de «grotesque» l’inégalité vaccinale, a demandé le mois dernier aux pays disposant de vaccins en abondance de donner les doses aux pays moins bien fournis, plutôt que de vacciner leurs enfants et adolescents.

Le système Covax soutenu par l’ONU a été créé pour partager les vaccins avec les pays les plus pauvres. Mais les pays riches, signant des contrats en direct avec l’industrie pharmaceutique, ont accaparé la majorité des vaccins dès qu’ils ont été disponibles.

Pour remplir les objectifs de vaccination de la population mondiale, le FMI souligne qu’il faut accorder des subventions supplémentaires à Covax, par des dons de doses excédentaires et assurer les flux transfrontaliers gratuits de matières premières et de doses de vaccins.

Les pays membres du G7 (Etats-Unis, Canada, Japon, Royaume-Uni, Allemagne, France et Italie), réunis à Londres le mois dernier, s’étaient engagés à soutenir Covax, mais sans annoncer de nouveaux financements malgré les appels répétés à faire plus pour aider les pays pauvres.

(AFPE)

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