Pollution - L’OMS revoit ses standards sur la qualité de l’air mais la Suisse ne bouge pas
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PollutionL’OMS revoit ses standards sur la qualité de l’air mais la Suisse ne bouge pas

Alors que l’Organisation Mondiale de la Santé a révisé ses lignes directrices sur la qualité de l’air, la Suisse ne fait rien de son côté. Or la pollution provenant du trafic routier est bien trop élevée, selon L’Association Transports et Environnement.

Le trafic motorisé serait responsable en grande partie de la pollution de l’air, selon l’ATE

Le trafic motorisé serait responsable en grande partie de la pollution de l’air, selon l’ATE

ATE

L’Association Transports et Environnement (ATE) demande au Conseil fédéral de revoir rapidement à la baisse les valeurs limites de pollution atmosphérique en Suisse. Selon elle, la pollution due aux particules fines, au dioxyde d’azote et à l’ozone et provenant du trafic routier est trop élevée.

Pour sa demande, elle s’appuie sur le fait que l’Organisation mondiale de la santé a révisé ses lignes directrices sur la qualité de l’air. Selon l’OMS, les polluants atmosphériques nuisent à la santé même dans des concentrations beaucoup plus faibles qu’on le supposait jusqu’alors, explique l’ATE dans un communiqué jeudi.

Une forte pollution de l’air peut en effet entraîner des maladies respiratoires, une limitation de la fonction pulmonaire, des accidents vasculaires cérébraux. Elle cause plus de 300’000 morts dans l’UE et sept millions de décès prématurés dans le monde chaque année. Raison pour laquelle l’OMS a abaissé presque toutes les valeurs de particules fines, d’oxyde d’azote ou d’ozone, en précisant que le dépassement de ces nouveaux seuils est associé à des risques importants pour la santé.

Le Plateau très pollué

Selon l’ATE, la pollution de l’air cause chaque année 2300 décès prématurés en Suisse. L’association accuse le trafic motorisé: «à elles seules, les substances polluantes émises par les voitures et camions ont des coûts externes de 4,1 milliards de francs par an», indique-t-elle. La circulation routière rejette en outre de fortes quantités de dioxyde d’azote (NO2), de particules fines (PM 10 et PM 2,5) et d’ozone.

Les nouveaux seuils de dioxyde d’azote fixés par l’OMS sont largement dépassés sur le Plateau le long des grands axes routiers.

Les nouveaux seuils de dioxyde d’azote fixés par l’OMS sont largement dépassés sur le Plateau le long des grands axes routiers.

Office fédéral de l’environnement, 2021

En outre, certaines régions de Suisse, en particulier le Plateau, sont particulièrement touchées par la pollution de l’air. Ainsi en 2020, les valeurs de dioxyde d’azote ont dépassé nettement le nouveau seuil de 10 µg/m3 recommandé par l’OMS. «Et ce, malgré un volume de trafic très inférieur à la moyenne cette année-là, en raison du semi-confinement et du télétravail imposés au début de la pandémie», souligne l’ATE.


(cht)

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