Grande-Bretagne: Londres a «dix jours» pour clarifier ses propositions

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Grande-BretagneLondres a «dix jours» pour clarifier ses propositions

Le président du Conseil de l'UE et la Première ministre britannique se sont rencontrés vendredi en marge d'un sommet européen.

La Première ministre britannique Theresa May, et le président du Conseil européen Donald Tusk.

La Première ministre britannique Theresa May, et le président du Conseil européen Donald Tusk.

Keystone

Un premier accord sur les conditions du divorce entre l'UE et le Royaume-Uni est «possible» en décembre, a estimé vendredi le président du Conseil européen Donald Tusk. Mais Londres a dix jours pour clarifier ses propositions.

«Il nous faut observer des progrès de la part du Royaume-Uni sous dix jours sur toutes les questions, y compris l'Irlande», a-t-il commenté sur Twitter après une rencontre avec la première ministre britannique Theresa May. C'est «possible», a-t-il ajouté, mais c'est un «immense défi».

Au terme de cette période, le 4 décembre, Theresa May sera de retour à Bruxelles pour rencontrer cette fois le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le négociateur en chef des Européens, Michel Barnier.

La rencontre à Bruxelles entre le président du Conseil de l'UE et la Première ministre britannique, en marge d'un sommet européen, était très attendue alors que les négociations semblent enlisées depuis des mois.

Atmosphère «positive»

Il y a une semaine, M. Tusk avait pressé la dirigeante britannique d'abattre ses cartes d'ici à début décembre, si elle voulait obtenir avant Noël un feu vert à l'ouverture de tractations commerciales post-Brexit. Une deuxième phase de négociations réclamée avec insistance par Londres.

«Il y a toujours des problèmes sur les différents sujets que nous négocions qui doivent être résolus», a reconnu Theresa May, tout en soulignant «l'atmosphère positive dans les discussions et le sentiment sincère» de vouloir «progresser ensemble».

Theresa May a souligné qu'«il revient à la fois au Royaume-Uni et à l'UE de passer à la prochaine étape des négociations». Elle a également redit que Londres honorerait ses engagements financiers envers l'UE mais n'a pas fourni de détails, même si elle a affirmé que ce dossier progressait.

Selon les médias britanniques, Londres proposerait à présent une somme de 45 milliards d'euros. C'est le double des estimations précédentes, mais encore bien loin des 60 milliards d'euros évoqués par la Commission européenne - même si des responsables européens soulignent que ce montant s'apparente à une demande maximale, et donc négociable.

Entretiens bilatéraux

Les Britanniques «sont en train d'évoluer, ils sont en train de préparer le terrain dans leur opinion publique», a estimé une source européenne proche des négociations.

La première ministre britannique a eu vendredi des rencontres bilatérales avec les dirigeants de Lituanie, de Belgique et du Danemark, ainsi qu'un entretien, non programmé, avec la chancelière allemande Angela Merkel. Cette dernière rencontre «a été très constructive», a commenté une source britannique, sans précision.

Les Vingt-Sept estiment que seuls des engagements clairs de Londres permettront de boucler la première phase des tractations autour du Brexit, focalisée sur l'organisation du retrait britannique fin mars 2019. Ils ont notamment à l'esprit la facture que le Royaume-Uni devra régler pour solder ses engagements financiers pris au sein de l'Union, qui reste le principal point d'achoppement.

4 décembre

«Les négociations font des progrès», a assuré quant à lui M. Juncker. «La phase conclusive commence le 4 décembre», avec le dîner qu'il aura avec Mme May à Bruxelles, a-t-il précisé.

L'UE réclame également des «progrès suffisants» sur la question des droits des Européens vivant au Royaume-Uni après le Brexit et sur les conséquences du divorce sur la frontière entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord.

Un accord d'étape sur les trois sujets est jugé indispensable par les 27 pour accepter d'élargir les négociations à la relation future avec Londres, notamment commerciale.

C'est pendant un sommet prévu pour les 14-15 décembre à Bruxelles qu'ils diront s'ils acceptent d'ouvrir cette deuxième phase, que Londres s'impatiente de pouvoir entamer. En cas de refus au cours de ce sommet, cette perspective serait reportée à «février ou mars», prévient un haut diplomate de l'UE.

(ats)

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