23.02.2012 à 18:25

Conférence sur la SomalieLondres dénonce le «pire Etat de non-droit au monde»

David Cameron a ouvert la rencontre de Londres en évoquant «une occasion sans précédent de changer» la situation dans ce pays dévasté par 20 ans de guerre civile.

Hillary Clinton et David Cameron à la conférence à Londres.

Hillary Clinton et David Cameron à la conférence à Londres.

AP

Les participants à la conférence de Londres sur la Somalie ont loué jeudi les récents progrès politiques et militaires enregistrés dans le pays dévasté par la guerre. Ils ont allié aides et pressions pour éliminer les fléaux de la corruption, la piraterie et «la menace terroriste».

Le Premier ministre britannique David Cameron a ouvert la rencontre en évoquant «une occasion sans précédent de changer» la situation dans ce pays qualifié par le chef de la diplomatie de Londres William Hague, de «pire Etat de non-droit au monde».

David Cameron a annoncé plusieurs initiatives d'aide et de développement et proposé la mise en place d'un groupe de travail international pour en finir avec le versement de rançons. Les actes de piraterie menés par des Somaliens sont particulièrement nombreux dans l'océan Indien et le golfe d'Aden.

Transition politique

«Il est plus que temps que (la) transition intervienne et que la Somalie soit dotée d'un gouvernement stable», a renchéri la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton. Elle a assorti son propos d'un avertissement qui traduit les frustrations après les échecs à répétition des précédents plans de règlement.

«La communauté internationale ne tolèrera aucun prolongement du mandat du gouvernement de transition (TFG)» qui expire le 20 août, a- t-elle dit. Et elle a appelé à l'adoption de sanctions - gel des avoirs et interdiction de voyager - contre «ceux qui tenteront de bloquer le processus politique et de maintenir le statu quo», fussent-ils membres du TFG.

Hillary Clinton a également plaidé pour parvenir à couper les soutiens financiers qui alimentent les insurgés islamistes shebab, en lutte contre le gouvernement somalien.

Washington et plusieurs participants à la conférence ont salué l'accord conclu la semaine dernière entre responsables politiques somaliens prévoyant le remplacement du TFG par un Parlement et une assemblée constituante.

Expertise suisse

Présent à Londres, le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) Didier Burkhalter a pour sa part estimé que les six prochains mois seraient «cruciaux pour assurer l'émergence d'une gouvernance et d'un Etat en mesure de fonctionner dans ce pays qui a vécu vingt ans sous le règne d'un Etat effondré».

Rappelant que la Suisse a fourni «son expertise et ses conseils» dans le processus de rédaction constitutionnel, il a énuméré trois conditions au succès de ce processus: la participation de l'ensemble des acteurs, le dialogue entre les diverses autorités locales et régionales, ainsi que la transparence financière et la lutte contre la corruption.

Au total, une cinquantaine de pays participaient à la rencontre, ainsi que l'ONU, l'Union européenne (UE), l'Union africaine (UA) et la Ligue arabe. Le président somalien Sharif Cheikh Ahmed et son Premier ministre Abdiweli Mohamed Ali étaient aussi présents.

Menaces des shebab

Le sommet devait se terminer en fin d'après-midi par une conférence de presse. Les efforts pour juger les pirates, le renforcement et la coordination de l'aide humanitaire et les mesures antiterroristes devaient figurer en bonne place dans la résolution finale de la conférence, selon des sources diplomatiques.

Les shebab ont toutefois d'avance promis de «combattre par tous les moyens possibles» les résultats de cette conférence. «Les signataires de la conférence de Londres ne détiennent pas les clés de l'avenir ou de la stabilité de la Somalie,» ont-ils ajouté, les accusant «d'entretenir l'instabilité» qui ronge le pays.

Les shebab se disent «plus forts et déterminés» que jamais «face à cette campagne impérialiste». Un avis contré par le le commandant de la force de l'UA en Somalie (Amisom), le général ougandais Fred Mugisha. Pour lui, les shebab «sont plus faibles que jamais, ils ne cessent de perdre du terrain» et sont proches de «l'implosion».

Les forces éthiopiennes, épaulées par celles du TFG ont pris mercredi la ville de Baïdoa, sans livrer combat. Les shebab, qui l'avaient conquise en 2009, ont affirmé avoir évacué la ville pour des raisons «tactiques» avant leur arrivée.

(ats)

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