10.11.2020 à 01:23

BélarusLondres juge «totalement injustifiée» l’expulsion de diplomates

Le Royaume-Uni s’est insurgé lundi contre l’expulsion de deux de ses diplomates en poste au Bélarus accusés d'«activités destructrices».

Le président du Bélarus Alexandre Loukachenko.

Le président du Bélarus Alexandre Loukachenko.

AFP

Le Royaume-Uni a jugé «totalement injustifiée» lundi soir «l’expulsion» de deux diplomates britanniques du Bélarus. Il a dénoncé l’attitude du président Alexandre Loukachenko qui devrait «accepter des élections libres et justes» plutôt que de s’en prendre à ceux qui mettent en lumière sa «répression».

«L’expulsion de deux diplomates britanniques qui observaient légitimement des manifestations à Minsk est totalement inacceptable», a déclaré dans un communiqué le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab. «Comme le montrent des rapports indépendants, cela s’inscrit dans une campagne concertée de harcèlement à l’encontre des militants, médias et maintenant des diplomates», a-t-il ajouté.

«Au lieu de s’en prendre à ceux qui mettent en lumière sa répression, M. Loukachenko doit accepter des élections libres et justes et faire en sorte que les responsables des violences contre les manifestants rendent des comptes», a poursuivi le chef de la diplomatie britannique.

«Activités destructrices»

Le Bélarus a déclaré deux diplomates britanniques «persona non grata», a annoncé lundi le porte-parole de la diplomatie bélarusse, Anatoli Glaz, à la télévision publique. «Le 8 novembre 2020, le ministère bélarusse des Affaires étrangères a décidé de déclarer persona non grata deux diplomates de l’ambassade de Grande-Bretagne en raison de leurs activités incompatibles (…) avec le statut de diplomate», a annoncé Anatoli Glaz, les accusant d'«activités destructrices».

Selon la chaîne de télévision publique bélarusse ONT, il s’agit de l’attaché militaire Timothy Wight-Boycott et de l’adjointe à l’ambassadrice britannique Lisa Thumwood. Selon les forces de l’ordre bélarusses, ces diplomates «ont collecté des informations sur la situation politique au Bélarus et les protestations», a affirmé la chaîne. Tous les deux ont déjà quitté le pays, selon la même source.

Contestation

Cette annonce intervient alors que l’opposition bélarusse a dénoncé lundi une nouvelle vague de répression après l’arrestation de plus de 1000 personnes la veille, à l’occasion du grand rassemblement hebdomadaire contre le président Alexandre Loukachenko.

Au pouvoir depuis 1994, Alexandre Loukachenko fait face à une contestation inédite depuis sa réélection début août, jugée frauduleuse par l’opposition et l’Occident. Tous les dimanches depuis le mois d’août, des dizaines de milliers de Bélarusses manifestent ainsi dans les rues de la capitale pour obtenir son départ.

Alexandre Loukachenko a cependant résisté à la pression de la rue et multiplié les coups portés à l’opposition, arrêtant ou poussant à l’exil l’essentiel des figures de la contestation.

Fin septembre, le Royaume-Uni a annoncé des sanctions, prises en coordination avec le Canada, visant huit responsables bélarusses dont le président Loukachenko, en raison de la répression du mouvement de contestation. Début octobre, le Royaume-Uni a rappelé son ambassadrice au Bélarus, emboîtant le pas à d’autres pays européens.

(ATS/NXP)

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