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ArtLondres, passage obligé des designers suisses

Londres, capitale de l'art et de la mode, attire toujours plus de Suisses, dont de jeunes designers de l'ECAL et de la HEAD.

Londres accueille depuis quelques années un festival du design.

Londres accueille depuis quelques années un festival du design.

(photo d'archives), Keystone

Près de 40'000 Helvètes sont aujourd'hui établis sur le sol britannique, selon l'ambassade de Suisse à Londres. Et parmi eux, nombre d'artistes. Pôle d'attraction en matière de design et de modes décapantes, la capitale les aspire en vagues successives.

La culture suisse est parvenue à se frayer un sillon dans cette place forte qu'est devenue Londres au rayon de la créativité depuis une trentaine d'années, sous l'impulsion des punks dès 1977, puis du «Brit Art» au début des années 90.

La diaspora artistique suisse de Londres jouit d'un réseau sur Facebook. Une fois par semaine, le portrait d'un ou d'une artiste est épinglé avec cette question: «plutôt bircher ou sausages?». Il s'agit de donner l'image d'une culture suisse «alive and kicking in the UK» (vivante et bottante), selon les termes des responsables du Fonds culturel suisse de Londres.

«Du théâtre à la sculpture, de la danse à Dada, la création suisse est parvenue à définir son identité à Londres», estiment-ils.

Plusieurs volées d'élèves sortis de l'Ecole cantonale d'art de Lausanne (ECAL), de la Haute Ecole d'art et de design de Genève (HEAD), ainsi que d'écoles comparables à Zurich et Bâle ont ouvert leurs ateliers dans la capitale britannique, bénéficiant notamment du soutien accordé par ce Fonds créé il y a 22 ans.

Enfants du Brit Art

Coïncidant avec la réhabilitation architecturale des Docks dans l'est de la capitale, la naissance du Brit Art (pour «Young British Artists», Tracey Emin, Damien Hirst, etc.) a apporté un vent nouveau dans les années 90 dans l'univers artistique londonien. Les galeries ont commencé de pousser comme des champignons, et dans leur sillage les ateliers de mode.

Ce flux artistique continue d'attirer à Londres des créateurs du monde entier, et notamment de Suisse. De jeunes designers de l'ECAL et de la HEAD ont investi à la fin février, durant quatre jours, la galerie Display dans le quartier de Holborn, dans le West End, pour y présenter leurs travaux dans le cadre des «Emerging Swiss Fashion Design», une vitrine du «made in CH».

Magazine branché

Autre exemple d'immersion dans le terreau londonien, la publication depuis 2012 du magazine d'art Dash par l'illustratrice zurichoise Noémie Schwaller. Partie en 2010 pour obtenir un master en «fashion journalism» (journalisme de mode, ndlr) à l'université de Londres, elle est restée sur place et tire deux fois par an Dash à 25'000 exemplaires.

«Londres reste une ville rafraîchissante, les Londoniens n'éprouvant toujours aucune crainte à s'habiller de manière extravagante. Mais la vie est devenue chère et dure. Et la concurrence, dans l'art aussi, y est féroce», concède-t-elle.

Anne Cuneo en anglais

Depuis janvier, l'artiste genevois Christian Marclay, le metteur en scène Christoph Marthaler, le compositeur vaudois Antoine Chessex ainsi que «L'histoire du soldat» de C.F. Ramuz ont eu l'honneur d'être programmés à Londres.

L'ancrage de la culture suisse sera encore renforcé par la parution à la fin du mois d'avril du roman historique d'Anne Cuneo, «Le trajet d'une rivière». C'est la première fois que l'écrivaine récemment disparue est traduite dans la langue de Shakespeare. Ce livre est publié par une petite maison d'édition de Cambridge.

(ats)

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