Post-Brexit: Londres pourrait déployer un plan de relance

Publié

Post-BrexitLondres pourrait déployer un plan de relance

Pour enrayer la détérioration de l'économie due au Brexit, le ministre des Finances veut un plan d'urgence.

Philipp Hammond est le nouveau ministre des Finances britannique.

Philipp Hammond est le nouveau ministre des Finances britannique.

Reuters

Le ministre des Finances britannique Philipp Hammond estime qu'une «dose d'incertitude» persistera «jusqu'à la fin» des négociations entre Londres et l'UE.

«Nous avons l'option d'une réponse budgétaire, ce que nous ferons selon notre propre calendrier, autour de notre discours d'automne», le budget rectificatif présenté par le gouvernement, a expliqué dimanche Philip Hammond.

Les statistiques disponibles à ce moment-là permettront à Londres «d'arriver à des conclusions appropriées sur la nécessité d'un plan de relance budgétaire», a ajouté le responsable, fraîchement nommé par la nouvelle Première ministre Theresa May. Il s'est cependant gardé de détailler quelle forme pourraient prendre ces possibles mesures d'accroissement des dépenses publiques.

«Un nouveau cadre» budgétaire sera en tout cas dévoilé cet automne «pour apporter de la clarté aux investisseurs», a insisté Philipp Hammond. Il s'exprimait devant une poignée de journalistes à l'issue d'une réunion de deux jours à Chengdu (sud-ouest de la Chine) des ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales du G20, une rencontre hantée par les risques associés au Brexit.

Publications alarmantes

Cette évocation d'une éventuelle relance budgétaire par Londres intervient également à la suite de publications alarmantes. Le cabinet Markit a publié vendredi son indice des directeurs d'achat PMI composite pour juillet, qui a atteint son plus bas niveau depuis avril 2009, traduisant une massive contraction de l'activité privée du Royaume-Uni.

Ce chiffre «met en évidence le coup porté à la confiance (des acteurs économiques) par les incertitudes qu'a provoqué le résultat du référendum» scellant le divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, a commenté Philip Hammond.

«La vérité, c'est qu'une dose d'incertitude subsistera jusqu'à la conclusion de nos négociations avec l'UE», a prévenu le ministre.

Question de calendrier

Londres reste maître du calendrier pour activer l'article 50 des traités européens sur les modalités de sortie de l'UE. Une fois la demande déposée, les négociations devront s'achever dans un délai de deux ans, ce qui rend possible un départ de la Grande-Bretagne à l'horizon 2019.

Mais Bruxelles et plusieurs dirigeants européens, tout en acceptant de laisser du temps au gouvernement de Theresa May, ont appelé le pays à notifier «le plus rapidement possible» son retrait de l'Union.

Même après cette procédure, «l'incertitude n'arrivera à son terme que lorsqu'un accord sera conclu» entre les deux parties, a averti Philipp Hammond.

La décision du Royaume-Uni de rompre avec l'UE «renforce les incertitudes» pour l'économie mondiale, ont averti dimanche les puissances du G20, qui se sont toutefois jugées «bien positionnés» pour répondre aux éventuelles répercussions financières.

(ats)

Ton opinion