Actualisé 04.12.2017 à 19:14

BrexitLondres recule au sujet de la frontière avec l'Irlande

Le gouvernement britannique est revenu lundi sur l'accord avec l'UE sur le statut de la frontière irlandaise après la sortie du Royaume-Uni.

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Dans son discours, Boris Johnson a promis de donner plus de pouvoirs aux communautés locales et de renforcer les infrastructures de télécommunications et de transport. (Samedi 27 juillet 2019)

Dans son discours, Boris Johnson a promis de donner plus de pouvoirs aux communautés locales et de renforcer les infrastructures de télécommunications et de transport. (Samedi 27 juillet 2019)

Keystone
Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, s'est attiré des critiques du monde diplomatique, pour avoir comparé l'Union européenne à l'Union soviétique. (1er octobre 2018)

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, s'est attiré des critiques du monde diplomatique, pour avoir comparé l'Union européenne à l'Union soviétique. (1er octobre 2018)

AFP
La chancelière allemande a lancé une pique à l'intention de Theresa May devant des industriels allemands. «Il ne reste que «six à huit semaines pour trouver un accord», a noté la chancelière allemande. (25 septembre 2018)

La chancelière allemande a lancé une pique à l'intention de Theresa May devant des industriels allemands. «Il ne reste que «six à huit semaines pour trouver un accord», a noté la chancelière allemande. (25 septembre 2018)

AFP

Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar s'est dit lundi «surpris et déçu» de la marche arrière de Londres. «Je suis surpris et déçu que le gouvernement britannique ne semble pas en mesure de respecter ce qui avait été conclu plus tôt aujourd'hui», a dit M. Varadkar à la presse, en expliquant cet échec par l'attitude du petit allié gouvernemental de la Première ministre britannique Theresa May, le parti unioniste d'Irlande du Nord DUP.

«C'est important d'écouter le DUP mais il y a d'autres partis en Irlande du Nord», a commenté Leo Varadkar. «Nous comprenons que la Première ministre a besoin d'un peu plus de temps... elle négocie de bonne foi», a-t-il aussi déclaré.

Fureur du DUP

La possibilité d'un accord prévoyant de maintenir en Irlande du Nord, après le Brexit, des règles similaires à celles en vigueur au sein de l'Union européenne a provoqué la fureur du parti unioniste DUP, alors qu'un accord à Bruxelles semblait proche lundi sur la question cruciale de la frontière irlandaise.

«Nous avons été très clairs. L'Irlande du Nord doit quitter l'Union européenne dans les mêmes termes que le reste du Royaume-uni. Nous n'accepterons aucune forme de divergence réglementaire qui sépare l'Irlande du nord économiquement ou politiquement du reste du Royaume-uni», a déclaré sa cheffe Arlene Foster. «L'intégrité économique et constitutionnelle du Royaume-uni ne doit en aucun cas être compromise», a insisté la Première ministre nord-irlandaise. Le DUP assure au parti conservateur de Theresa May une fragile majorité au Parlement de Westminster.

Un des points de discorde

Le Financial Times avait affirmé lundi que Londres et Dublin étaient parvenus à un compromis sur la frontière entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord. Ce dossier constitue l'un des points de discorde dans les négociations sur le Brexit. Selon un autre journal, le Daily Telegraph, «La Grande-Bretagne et l'Union européenne se seraient entendus pour faire en sorte qu'il n'y ait pas de frontière 'dure' entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande après le Brexit».

Dublin avait récemment fait savoir qu'il ne donnerait pas son accord au passage aux discussions commerciales s'il n'obtenait pas l'assurance de Londres qu'il n'y aurait pas de frontière physique avec l'Ulster après la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Ce qui a provoqué un torrent de réactions outrées en Grande-Bretagne.

L'UE et Londres échouent à finaliser leur accord

L'Union européenne et le Royaume-Uni ne sont pas parvenus lundi à finaliser l'accord bouclant la première phase des négociations sur leur divorce. Ce, malgré l'optimisme manifesté par les deux parties lors d'une rencontre au sommet à Bruxelles.

«Malgré nos meilleurs efforts», «il n'a pas été possible d'arriver à un accord complet aujourd'hui», a déclaré devant la presse le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à l'issue d'un long «déjeuner de travail» avec Theresa May. Une entente d'étape sur les trois dossiers prioritaires de la séparation - le règlement financier, les droits des citoyens expatriés et le sort de la frontière irlandaise - aurait ouvert la voie aux négociations commerciales réclamées avec insistance par Londres.

Accord «dans la semaine»?

Mais le chef de l'exécutif européen, qui a qualifié la Première ministre britannique de négociatrice «coriace», a affirmé qu'un accord lui semblait désormais possible «dans le courant de la semaine».

«Quelques différences demeurent qui demandent davantage de négociations et de consultation», a confirmé de son côté Mme May. «J'ai aussi confiance dans le fait que nous allons conclure cela de manière positive», a-t-elle ajouté. La rencontre entre les deux dirigeants était censée finaliser un accord de principe sur les modalités du divorce, programmé fin mars 2019.

Les 27 décideront

Même si un accord de principe est conclu, il ne marquerait pas la fin immédiate de la première phase. Les nouveaux engagements de Mme May, une fois formalisés, devront ainsi être débattus au sein de la Commission européenne, dont le verdict sera ensuite soumis aux diplomates des 27, avant la décision finale du sommet de décembre.

«Les choses semblent aller dans la bonne direction», a commenté lundi le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel. «Mais ce n'est ni à M. Juncker, ni à M. Barnier de décider», c'est aux dirigeants des 27, a-t-il rappelé.

(ats/afp)

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