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NigeriaL’ONU évoque des «crimes contre l’humanité»

La Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Navi Pillay s'en prend au groupe islamiste Boko Haram. Sur le terrain, le pays vit son 4ème jour de grève générale.

Depuis les attentats de Noël qui avaient fait au moins 49 tués, sept attaques contre des chrétiens ont fait plus de 88 tués au Nigeria.

Depuis les attentats de Noël qui avaient fait au moins 49 tués, sept attaques contre des chrétiens ont fait plus de 88 tués au Nigeria.

Keystone

La Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Navi Pillay, a dit jeudi que le groupe islamiste Boko Haram pourrait être déclaré coupable de «crimes contre l’humanité» s’il est montré qu’il a commis des attaques systématiques contre la population. Elle a appelé des responsables nigérians à dénoncer les violences.

Attaques systématiques contre la population

«Les membres de Boko Haram et d’autres groupes et entités, si la justice estime qu’ils ont commis des attaques systématiques et généralisées contre la population civile - y compris sur la base de la religion ou de l’ethnie - pourraient être déclarés coupables de crimes contre l’humanité», a déclaré Navi Pillay, dans un communiqué.

«Les actes délibérés conduisant au ’nettoyage’ de la population sur la base de la religion ou de l’ethnie équivaudrait aussi à des crimes contre l’humanité», a-t-elle dit. La cheffe de l’ONU pour les droits de l’homme a appelé les responsables religieux au Nigeria, «spécialement les responsables musulmans et chrétiens à joindre leurs forces pour condamner de façon sans équivoque toute violence, y compris les représailles».

Elle leur demande aussi d’»encourager leurs disciples à identifier et aider à arrêter tout ceux impliqués dans les tueries et autres actes de violences qui ont eu lieu». Depuis les sanglants attentats du jour de Noël qui avaient fait au moins 49 tués, sept attaques contre des chrétiens ont fait plus de 88 tués, dont la plupart ont été revendiquées par Boko Haram.

4ème jour de grève

Sur le terrain, la grève générale qui a mis des dizaines de milliers de manifestants dans les rues entre dans son quatrième jour alors que les travailleurs du pétrole font pression sur le gouvernement en menaçant d’interrompre la production.

Seule lueur d’espoir dans cette crise, des sénateurs et des députés ont tenté une médiation afin de mettre un terme à la crise, sans avoir rencontré de résultat jusqu’à présent. Une autre réunion avec des députés est prévue jeudi.

La grève et les manifestations qui ont paralysé le premier producteur africain de pétrole ont mis le gouvernement sous une pression croissante alors qu’il cherche à interrompre les attaques du groupe islamiste Boko Haram.

(ATS)

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