11.03.2013 à 12:18

EnvironnementL’ONU veut renforcer la lutte contre les sécheresses

Quelque 400 experts se penchent depuis lundi à Genève sur le problème de la sécheresse et tentent de se mettre d'accord sur un plan d'action axé sur la prévention.

Les sécheresses font plus de victimes et provoquent plus de déplacements de populations que les cyclones, les inondations et les séismes réunis.

Les sécheresses font plus de victimes et provoquent plus de déplacements de populations que les cyclones, les inondations et les séismes réunis.

AFP

Une conférence s’est ouverte lundi à Genève avec la participation de quelque 400 experts pour renforcer la lutte contre les sécheresses. Celles-ci font davantage de victimes et provoquent plus de déplacements de populations que les cyclones, les inondations et les séismes réunis.

Trois agences de l’ONU, l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) se sont regroupées afin de jeter les bases d’un plan d’action axé sur la prévention.

Le secrétaire général de l’OMM, Michel Jarraud, a averti que «le changement climatique devrait entraîner une augmentation de la fréquence, de l’intensité et de la durée des épisodes de sécheresse dans plusieurs régions du monde».

«Nous ne pouvons nous permettre de continuer d’agir au cas par cas, en nous contentant de parer au plus pressé. Nous possédons les connaissances et l’expérience voulues pour limiter l’impact des sécheresses, et il nous faut maintenant établir un cadre d’action général», a-t-il déclaré.

Processus lent et silencieux

Mannava Sivakumar, coordinateur de la conférence et responsable à l’OMM pour la prévision du climat, a expliqué à la presse que les sécheresses sont «un processus lent et silencieux». Il attire beaucoup moins l’attention que des catastrophes plus brutales comme les séismes ou les inondations.

Il est ainsi plus difficile de mobiliser l’opinion et les dirigeants politiques. «Bien que prévisible, la sécheresse est la catastrophe naturelle la plus coûteuse et la plus meurtrière de notre époque», a souligné le secrétaire exécutif de la CNULCD, Luc Gnacadja.

Le coût des interventions a posteriori est bien plus élevé que celui de la gestion des risques et des mesures d’anticipation, a-t- il fait remarquer. Investissements sur le long terme

«L’augmentation de la fréquence et de l’intensité des sécheresses sous l’effet du changement climatique a des conséquences dévastatrices pour la sécurité alimentaire, en particulier dans les régions du monde les plus vulnérables», a averti le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva.

Il ne faut donc pas se contenter de réagir après avoir attendu en vain l’arrivée de la pluie. Il faut privilégier les investissements sur le long terme pour que les populations et les systèmes de production alimentaire puissent «tenir le coup» lorsque survient la sécheresse, a plaidé le responsable.

Un débat au niveau ministériel est prévu jeudi, avec notamment la présence du président du Niger et 24 ministres. Une déclaration sera adoptée vendredi. Plusieurs sécheresses ont eu l’an dernier des répercussions catastrophiques aux Etats-Unis, en Inde, au Brésil, en Espagne, au Portugal et dans la corne de l’Afrique notamment, a indiqué l’OMM.

(ats)

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