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ChimieLonza va supprimer 400 emplois à Viège

Cette réduction d'effectifs intervient dans le cadre d’un programme de réduction des coûts lancé l’an passé. Il y aura des licenciements. Les syndicats et le Conseil d’Etat valaisan protestent.

Le site de Viège de Lonza.

Le site de Viège de Lonza.

Keystone

Le groupe chimique bâlois Lonza supprime 400 emplois sur son site de Viège (VS) et une centaine d'autres ailleurs dans le monde. La restructuration annoncée mercredi s'étalera sur deux ans. Les syndicats et le gouvernement valaisan rejettent cette mesure.

Le nombre de licenciements ne peut pas encore être précisé, a déclaré mercredi lors d'une conférence de presse à Viège le président de la direction générale Richard Ridinger. Une analyse qui portera sur l'ensemble du site devra le déterminer.

L’appât du gain

Un plan social a été préparé et les consultations avec les syndicats se dérouleront dès la semaine prochaine. Prêts à négocier, ces derniers exigent que toutes les alternatives soient examinées et demandent l'annulation des suppressions d'emplois.

Unia, Employés Suisse et Syna dénoncent une restructuration motivée uniquement par l’appât du gain. Le canton demande des explications au groupe et met sur pied une task force.

Les suppressions d’emplois sont «scandaleuses», lance Unia dans un communiqué. Il s’agit d’une énième restructuration qui se fait sur le dos des employés, renchérit Syna. Le Conseil d’Etat indique que les coupes ne sont pas acceptables en l’état, pointant du doigt les informations lacunaires transmises par Lonza.

Sans hausse de salaire

La restructuration est d’autant plus cruelle que les travailleurs avaient fourni beaucoup d’efforts ces dernières années. Dès septembre 2011, le temps de travail hebdomadaire est passé de 41 à 43 heures sans hausse de salaire afin d’éviter que des emplois disparaissent, souligne Employés Suisse.

«Les employés ont travaillé dur pour le succès de la firme - et, pour les remercier, la direction supprime massivement des postes», ironise Unia.

En outre, l’annonce des suppressions de postes intervient avant la fin de la période d’allongement du travail hebdomadaire, prévue jusqu’en février 2013, note Employés Suisse. Le lien de confiance est brisé, dénonce Syna.

La période de consultation prévue par Lonza est beaucoup trop courte, poursuit Unia. «Avec deux semaines pour examiner les alternatives, la direction propose un délai ridiculement court.» Et de demander une prolongation jusqu’à février.

Rentabilité trop faible

Plusieurs facteurs sont à l'origine de cette restructuration, a expliqué Richard Ridinger. La force du franc, les salaires élevés et les coûts de l'énergie mettent à mal la capacité concurrentielle du site valaisan.

L'entreprise accuse une rentabilité insuffisante, malgré une demande importante et un taux d'occupation qualifié de «très bon». Et cette situation existe depuis trois ans, raison pour laquelle l'analyse VispChallenge a été lancée l'an dernier.

Cette année, la situation est devenue «alarmante», obligeant à une action rapide, a expliqué Richard Ridinger. «A long terme, nous voulons redresser la capacité concurrentielle de l'entreprise pour sécuriser les emplois.»

Aucun secteur épargné

La remise en question interne ne doit épargner aucun secteur. Le site de Viège doit retrouver sa compétitivité, a dit Richard Ridinger. L'accent sera mis sur les activités importantes pour le site. «Nous voulons que Viège demeure le site numéro un du groupe» et aussi le plus gros employeur du Haut-Valais, a-t-il déclaré.

La plupart des suppressions de postes auront lieu l'an prochain. En plus des 400 emplois biffés à Viège, le groupe va encore en supprimer une centaine dans ses autres unités du monde. Une vingtaine de postes pourraient concerner le site de Bâle.

Trouver des solutions

Pour l'heure, il n'est pas possible de dire quels secteurs de l'entreprise seront touchés. «Mais nous voulons trouver une solution pour au moins deux tiers des 500 emplois concernés», a précisé Richard Ridinger.

Comme solution, le président de la direction a évoqué les départs naturels, les retraites anticipées, la réduction du nombre d'emplois temporaires ou des reclassements internes. Lonza évalue entre 10 et 20 millions de francs le coût de cette restructuration.

Le groupe Lonza compte 11'000 employés dans le monde, dont près de 2800 à Viège. Son chiffre d'affaires global devrait atteindre quatre milliards de francs cette année. Le site de Viège est le plus important du groupe et réalise à lui seul un quart des ventes totales.

(ats)

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