Bélarus - L’opposant qui s’est planté un stylo dans la gorge de retour en prison
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BélarusL’opposant qui s’est planté un stylo dans la gorge de retour en prison

Stepan Latypov, un opposant au régime d’Alexandre Loukachenko, a dénoncé des menaces sur sa famille avant de passer à l’acte dans le tribunal où il est jugé.

L’opposant était totalement inconscient @franakviacorka

Un militant d’opposition bélarusse qui s’était planté un stylo dans la gorge en plein procès est retourné en prison mercredi, au lendemain de son geste et après une opération, a annoncé l’ONG Viasna.

Stepan Latypov, 41 ans, était monté mardi sur un banc dans la cage où il se trouvait en tant qu’accusé avant de passer à l’acte, selon cette organisation de défense des droits humains. Il avait été évacué inconscient à bord d’une ambulance. L’opposant a été opéré puis transféré de l’hôpital vers le centre de détention provisoire où il était précédemment enfermé, ont dit ses proches cités par Viasna.

L’ONG n’a pas précisé quel était son état de santé ni s’il était dans une cellule ou à l’infirmerie.

Menaces sur sa famille

Selon Viasna, juste avant de se planter un stylo dans le cou, l’opposant avait averti son père, qui venait de témoigner, qu’on l’avait menacé de poursuivre ses proches et sa famille en justice s’il ne reconnaissait pas sa culpabilité.

Stepan Latypov avait été arrêté le 15 septembre près de chez lui, un bloc d’habitations connu à Minsk pour être particulièrement actif dans la contestation du pouvoir du président Alexandre Loukachenko.

Il est jugé pour fraude dans le cadre de ses activités professionnelles, pour avoir coordonné le mouvement de protestation via un groupe sur la messagerie Telegram, créé un atelier de production de symboles de l’opposition et résisté aux policiers au moment de son arrestation.

Répression brutale

Le président Loukachenko a fait face à des manifestations d’ampleur inédite après son élection à un cinquième mandat en août 2020. La répression du mouvement de contestation a fait plusieurs morts et conduit à des milliers d’arrestations, entraînant une vague de sanctions occidentales contre le régime bélarusse.

Dernière affaire en date, fin mai, un avion de ligne effectuant la liaison Athènes-Vilnius a été dérouté sur Minsk, escorté par un chasseur, après une alerte à la bombe. Un opposant qui se trouvait à son bord et sa compagne ont été arrêtés, causant l’indignation des Européens qui accusent Minsk d’avoir mis en scène la menace.

Selon Viasna, il y a actuellement 449 prisonniers politiques au Bélarus.

(AFP)

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