07.08.2020 à 16:56

MinskL’opposante Tikhanovskaïa salue le «réveil» bélarusse

Ils sont nombreux à se mobiliser pour la rivale surprise du chef de l’Etat Loukachenko à la présidentielle bélarusse.

Svetlana Tikhanovskaïa était encore inconnue du public il y a quelques mois.

Svetlana Tikhanovskaïa était encore inconnue du public il y a quelques mois.

DR/Twitter

La rivale d’Alexandre Loukachenko à la présidentielle bélarusse, Svetlana Tikhanovskaïa, a salué vendredi le «réveil» de ses concitoyens, mobilisés en nombre inattendu pour sa candidature. Elle a toutefois estimé que le scrutin sera falsifié.

Encore inconnue du public il y a quelques mois, cette enseignante d’anglais de formation a réussi le tour de force, dans un pays qui n’a jamais vu d’opposition solide émerger, de réunir des foules jamais vues au Bélarus. Elle les a appelé à ne pas avoir peur de voter dimanche pour s’opposer au régime en place depuis 26 ans.

«Les gens se réveillent, redécouvrent l’estime de soi (…) ‹pourquoi ma voix est-elle jetée à la poubelle? Pourquoi ne m’entend-on pas, ne veut-on pas m’entendre? Pourquoi ne puis-je rien dire car on m’enfermera tout de suite après?'", dit-elle lors d’une interview à l’AFP à Minsk, à l’avant-veille du scrutin.

Fraudes «éhontées»

Elle estime cependant qu’il est «sans espoir» de s’attendre à un scrutin libre et équitable, alors que les observateurs internationaux indépendants n’ont même pas été invités. «Nous ne pourrons pas empêcher les fraudes», qui sont d’ores et déjà «éhontées» depuis le début du vote anticipé mardi, révèle-t-elle. «Il faut être réaliste», lance-t-elle, recevant l’AFP dans un immeuble de bureau, habillée d’une robe blanche.

Malgré sa capacité à rassembler les foules jamais vues dans l’histoire récente du pays, elle dit ne pas vouloir appeler à des manifestations de protestation, qui seraient sévèrement réprimées par le pouvoir. «Ceux d’en-haut ne savent pas ce que c’est qu’une manifestation pacifique. Ils feraient tout pour qu’elle se transforme en bain de sang», accuse-t-elle.

«Chaque Bélarusse doit faire le choix pour lui-même» de descendre dans la rue ou non, ajoute-t-elle, admettant au passage que «beaucoup ne se sont pas encore réveillés» dans cette ex-république soviétique nichée entre UE et Russie. Elle dément recevoir toute aide ou argent de la Russie, comme l’en accuse Alexandre Loukachenko.

Une nouvelle action de soutien à l’opposition est prévue vendredi soir à Minsk.

(ATS/NXP)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!