Actualisé 12.06.2012 à 18:22

RussieL’opposition en colère défie Vladimir Poutine à Moscou

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé à Moscou contre le pouvoir de Vladimir Poutine. L'opposition proteste contre le durcissement du régime, après que des perquisitions ont eu lieu chez ses leaders.

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AFP
Les opposants défilent avec un portrait de Poutine emprisonné.

Les opposants défilent avec un portrait de Poutine emprisonné.

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Par milliers dans le centre de Moscou

Par milliers dans le centre de Moscou

Keystone

Les opposants à Vladimir Poutine ont réussi à se mobiliser à nouveau mardi à Moscou. Selon l’opposition, entre 70’000 et 100’000 personnes ont battu le pavé sous la pluie, bravant le durcissement du pouvoir marqué par des perquisitions des leaders du mouvement. La police a évoqué environ 15’000 participants.

La mobilisation a rassemblé «plus de 100’000 personnes», a lancé de la tribune Sergueï Oudaltsov, le leader du Front de gauche, un des principaux leaders de la contestation de ces derniers mois contre le régime au pouvoir en Russie.

Ce chiffre a été nuancé par le député d’opposition Ilia Ponomariov, selon lequel entre 60’000 et 70’000 personnes étaient dans les rues de Moscou.

Des banderoles ont repris le leitmotiv des manifestations depuis décembre, au moment des législatives: «La Russie sans Poutine».

M. Oudaltsov, qui a ignoré une convocation de la police, a repris les mêmes slogans devant la foule: «des voleurs et des escrocs» et pour un «pouvoir honnête». Il s’est rendu au Comité d’enquête en fin de journée.

«Ils ont peur», a de son côté lancé Boris Nemtsov, un autre leader d’opposition, ex-vice-Premier ministre du président Boris Eltsine.

Pas de heurts

Le rassemblement s’est terminé «sans incident» avenue Sakharov, a pour sa part rapporté la police dans l’après-midi faisant état de 15’000 participants à la fin de cette marche, après avoir donné le chiffre de 18’000 plus tôt dans la journée.

Plus de 12’000 membres des forces de l’ordre (policiers, unités anti-émeutes et troupes du ministère de l’Intérieur) étaient mobilisés à Moscou, selon les autorités. A Saint-Pétersbourg, entre 5000 et 6000 personnes ont également traversé la ville en scandant «La Russie sans Poutine» et en arborant des ballons blancs, la couleur choisie pour symbole de la contestation.

La manifestation de mardi avait finalement été autorisée par les autorités après de longues négociations. Ce grand rassemblement était le premier depuis l’investiture le 7 mai dernier de Vladimir Poutine pour un troisième mandat de président après ceux de 2000- 2008 et un intermède de quatre ans comme Premier ministre.

Inacceptable pour le Kremlin

Mais le pouvoir ne baisse pas la garde pour autant. Devant l’élite politique du pays réunie au Kremlin pour célébrer la fête nationale, Vladimir Poutine a lancé un nouvel avertissement. «Tout ce qui affaiblit le pays et désunit la société est inacceptable pour nous», a-t-il dit, selon la télévision publique. «Toute notre mémoire politique nationale le prouve», a-t-il ajouté.

«Pour un immense pays multi-ethnique comme la Russie, le principe fondamental est un développement progressif et évolutif», a-t-il poursuivi.

Cette marche intervient aussi après des mesures interprétées par plusieurs observateurs comme un signe de durcissement du régime. Des perquisitions ont ainsi eu lieu déjà lundi au domicile d’une dizaine de leaders et membres de l’opposition.

Le comité d’enquête a motivé ces opérations par une enquête en cours sur des «troubles massifs à l’ordre public» lors de la manifestation du 6 mai à Moscou, veille de l’investiture M. Poutine. Des heurts avaient fait alors plusieurs blessés parmi les participants et les policiers.

Nouvelles perquisitions

Une nouvelle perquisition a eu lieu au bureau de l’association anti-corruption Rospil Alexeï Navalny, selon l’avocate Olga Mikhaïlova.

Plusieurs sites d’opposition, comme celui de la radio «Echo de Moscou», de la télévision satellite «Dojd» et du journal «Novaïa Gazeta», étaient inaccessibles dans la journée. «Dojd» a indiqué être victime d’une attaque pirate, comme cela a été le cas régulièrement lors d’élections ou de manifestations d’opposition.

Des contre-manifestations pro-Poutine étaient prévue pour répondre à cette marche. «Ces gens-là sont des imbéciles ! Il faut être idiot pour penser qu’on peut avoir quelqu’un de mieux que Poutine pour diriger le pays», grommelait Mikhaïl, 34 ans, venu regarder le cortège.

(ats, ap)

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