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Présidentielle au SénégalL’opposition peine à mobiliser pour sa «journée de prière»

Quelques centaines de personnes seulement ont participé vendredi à une «journée de prière» à Dakar, à l’appel de l’opposition. Ils voulaient rendre hommage aux victimes des dernières violences.

Les fidèles devant la Grande Mosquée à Dakar.

Les fidèles devant la Grande Mosquée à Dakar.

AFP

Comme chaque vendredi, les fidèles se sont retrouvés en début d’après-midi dans et autour de la mosquée Branchot, dans le quartier du Plateau, non loin de la présidence.

La prière, sous haute surveillance policière, s’est déroulée sans aucun incident, avec une fréquentation quasi identique à un vendredi ordinaire.

Les fidèles occupaient à genou sur leur tapis de prière les ruelles autour de la mosquée.

Ils se sont ensuite dispersés dans le calme. L’activité commerçante ainsi que la circulation dans le quartier, un moment au ralenti, ont repris normalement.

La proximité du palais présidentiel faisait craindre des incidents, même si le Mouvement du 23 juin (M23) avait très clairement exprimé sa volonté d’éviter toute violence. Le M23 est à l’origine de l’appel et regroupe des représentants de l’opposition et de la société civile.

Démission de Wade exigée

Pour sa prière de vendredi, le M23 avait mis en garde les autorités contre toute tentative d’infiltration d’»agents provocateurs» de la police, et dénoncé les «provocations» de ces agents - surnommés les ’calots bleus’ - mardi dernier.

Il avait également exigé jeudi la démission du ministre de l’Intérieur Ousmane Ngom, et, fait nouveau, celle du président Wade, pour que «le Sénégal retrouve au plus vite la paix et la stabilité».

Mardi, un rassemblement de plusieurs milliers de sympathisants du M23 sur une esplanade de la capitale avaient été dispersé à coups de grenades lacrymogène par la police après des heurts avec des manifestants. Un étudiant avait été tué lors de l’intervention, renversé par un véhicule.

Quatre personnes ont été tuées en cinq jours dans des violences liées aux tensions depuis le 27 janvier, lorsque le Conseil constitutionnel a validé la candidature de M. Wade.

Coalition hétéroclite

Elu en 2000 puis réélu en 2007, Abdoulaye Wade, 85 ans, se présente pour un troisième mandat de sept ans avec, face à lui, 13 candidats de l’opposition en ordre dispersé. La candidature du chanteur Youssou N’Dour, très populaire à Dakar et à l’étranger, a été rejetée.

L’opposition estime que Abdoulaye Wade a épuisé ses deux mandats légaux et donc que sa nouvelle candidature est un «coup d’Etat constitutionnel». Le camp Wade récuse cet argument, arguant de réformes de la Constitution en 2001 et 2008 qui lui permettraient de se représenter.

Les opposants n’ont plus aucun recours légal pour contester cette candidature. La faible mobilisation de ce vendredi complique encore un peu plus la tâche de cette coalition hétéroclite qui peine à définir une stratégie, deux jours avant le début de la campagne électorale officielle dimanche.

Rencontre UE-Conseil constitutionnel

Une mission d’observateurs de l’Union européenne (UE) a rencontré vendredi à Dakar le Conseil constitutionnel sénégalais, a indiqué un des observateurs. Cette instance a validé 14 candidatures pour la présidentielle de février, dont celle du président Abdoulaye Wade décriée par l’opposition.

Il s’agissait d’une rencontre «dans le cadre de notre mandat», ce n’était «pas pour une raison spécifique», a affirmé Tommaso Caprioglio, chef adjoint de la Mission d’observation électorale (MOE) de l’UE pour l’élection présidentielle du 26 février au Sénégal.

Cette rencontre «n’est pas une spécificité». Les cinq «sages» font partie «des acteurs impliqués dans le processus électoral» que les observateurs rencontrent depuis leur arrivée au Sénégal, le 20 janvier, a insisté le responsable européen.

(ats/afp)

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