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InterviewLorie: «Des personnes m'ont dégoûtée de ce métier»

La chanteuse, qui sera en concert au théâtre du Léman à Genève, nous parle des difficultés qu'elle a rencontrées dans la musique et de ses souvenirs d'enfance.

par
Fabio Dell'Anna

Un vendredi après-midi, dans un bar genevois du quartier des Bains, Lorie Pester débarque avec son sourire et une marinière. On aurait pu lui chanter «Ça y est, c'est le week-end», mais on se retient (beaucoup). En Suisse, pour faire la promotion de sa future tournée qui s'arrêtera au Théâtre du Léman le 11 mai prochain, la chanteuse a bien voulu jouer le jeu de notre interview indiscrète. «Mais attention, des questions pas trop indiscrètes», nous dit-elle. Promis!

Décrivez-vous en quelques mots.

Je m'appelle Lorie. Mon vrai prénom est Laure. J'ai un âge qu'on ne dit plus (ndlr: elle a la trentaine...) Je suis chanteuse, comédienne et surtout heureuse.

Votre tout premier souvenir?

Je ne sais plus si ce sont des souvenirs ou juste des photos que j'ai vues. Je devais avoir 4 ou 5 ans, tout le monde me chantait un bon anniversaire et je me bouchais les oreilles, car tout le monde chantait faux. (Rires.) Je les suppliais d'arrêter.

Etiez-vous une enfant sage?

J'étais sage mais hyperactive. C'est pour ça que je suis fille unique. (Rires.) Ils se sont dit: «On ne va pas pouvoir supporter si on en fait plusieurs.» J'obéissais, mais il fallait m'occuper. Je me rappelle que les week-ends, je sautais dans le lit de mes parents et je leur demandais le programme de la journée.

Enfant, que vouliez-vous devenir?

Au départ, je voulais être Fantômette. J'aimais bien le costume et je voulais aider les gens. Ensuite, je voulais être avocate. Quand on m'a dit qu'on ne pouvait pas avoir que des clients innocents, qu'il fallait aussi s'occuper de «méchants», j'ai voulu être championne de patinage artistique. Puis finalement chanteuse.

Qu’est-ce qui vous fait peur?

Son manager: Parle-leur de Poupi.

Qui est Poupi?... C'est le nom du chien de ma voisine.

Lorie:(Gros éclats de rire.) Justement! Depuis toute petite, j'ai peur des chiens. Lorsque j'étais petite, plusieurs personnes autour de moi ont été mordues. C'était ma grande hantise.

Dans l’enfance, quel fut votre plus grand choc?

Physiquement, quasi tous les jours avec les entraînements de patinage. Mais émotionnel, je n'en ai pas eu.

Comment avez-vous gagné votre premier argent?

J'ai bossé avec ma mère, l'été. Je remplaçais une fille qui était partie en vacances. Je devais faire de la comptabilité et du secrétariat. Je me suis rendue compte que ce n'était pas du tout mon truc.

Adolescente, étiez-vous complexée?

Non, j'étais bien dans ma tête et dans mes baskets.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus chez vous?

Mes doigts de pieds? (Rires.) On parle au niveau psychologique ou physique car je suis très intelligente aussi. Non, je plaisante. J'aime ma façon de rebondir à chaque difficulté de la vie. Je le dois à mes parents. Par exemple, lors d'une rupture ou d'un accident. Mais surtout lors de ruptures amoureuses.

Pour vous, c'est quoi le bonheur

C'est d'être heureux avec ce que l'on a.

Pourquoi avez-vous pleuré la dernière fois?

J'ai pleuré devant la TV. J'ai regardais la série de TF1 «Les bracelets rouges». Je suis marraine d'un hôpital pour enfants et je connais leur quotidien. Ces gamins ont beaucoup de courage et ils nous donnent des leçons de vie. A chaque fois que j'en ressors, je relativise vite sur mes petits problèmes.

De quoi souffrez-vous?

Je suis atteinte d’endométriose.

Vous en parlez d'ailleurs dans votre dernier livre, «Les choses de ma vie».

Exactement. J'avais déjà écrit un bouquin il y a quinze ans, mais j'avais été aidée. Et là, j'ai tout fait de A à Z. Cela m'a pris plus d'un an à l'écrire.

Vous êtes de nature plutôt discrète, pourquoi avoir voulu partager cela avec votre public?

J'ai eu ce besoin lorsque je suis sorti d'une émission. Des fans m'attendaient dehors. Et là, une femme me raconte ses soucis et termine: «Tu ne peux pas comprendre, tu n'as jamais de problèmes.» Je me suis rendu compte que les gens ne me connaissaient pas vraiment. C'est ma faute, car je ne racontais pas tout. Et je me suis dit: pourquoi pas écrire ce livre.

Vous écrivez aussi sur votre carrière musicale. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour revenir sur le devant de la scène?

J'ai été très déçue par le milieu de la musique. Pour moi, c'est avant tout un travail d'équipe. Plusieurs personnes m'ont un peu dégoûté de ce métier. Il m'a fallu du temps pour digérer certaines choses. Pour me retrouver. Pour me consacrer à d'autres projets. J'ai joué dans beaucoup plus de films. Je suis allée dans d'autres domaines qui m'intéressaient. Et petit à petit, je suis revenue à la chanson.

Est-ce qu'il y a eu un déclic?

Non, c'est surtout le manque de la scène. Cela fait dix ans que je ne suis pas partie en tournée. C'est un sentiment tellement fort. Une fois qu'on y goûte, on ne peut plus s'en passer.

Vous commencez une série de concerts le mois prochain et, le 11 mai, vous vous arrêterez au Théâtre du Léman, à Genève. À quoi peut-on s'attendre?

Je suis impatiente de venir vous voir. Il y aura des moments d'émotions, des moments nostalgiques avec des chansons des premiers albums. Les morceaux ont été réarrangés. Il y aura de belles surprises.

Sur les plate-formes de streaming, on trouve deux comptes différents. L'un qui se nomme Lorie avec vos anciennes chansons et un autre Lorie Pester avec votre dernier album. Pourquoi?

Cela fait un petit moment que je demande que les deux profils soient connectés et je n'y arrive pas. (Rires.) Je suis trop nulle en informatique et on m'a dit que ce n'était pas possible. Mais je ne désespère pas.

Pourquoi avoir voulu ajouter votre nom de famille à votre nom d'artiste?

Cela fait plusieurs années que je l'ai. Depuis mon premier téléfilm, j'ai décidé de le faire. Je me suis dit qu'en tant que comédienne, ça le fait d'ajouter son nom de famille. (Rires.) Et j'avais envie d'avoir une petite rupture. Depuis, tout le monde a repris. Et aujourd'hui comme mon album «Les choses de la vie» est plus intime, je me suis dit que j'allais le garder.

Avez-vous déjà frôlé la mort?

Je devais être à Phuket lors du tsunami (ndlr.: le 26 décembre 2004, 5400 personnes ont disparu en Thaïlande). J'ai annulé le voyage deux jours avant de partir. Je ne sais pas pourquoi. C'était une petite voix intérieure qui me disait de ne pas y aller. J'ai tout décalé de deux semaines. Je me souviens que c'était en fin d'année et je ne voulais pas partir en vacances en même temps que tout le monde. Il s'est passé ce qui s'est passé et avec ma mère on était en pleurs devant la télévision.

Croyez-vous en Dieu?

Je crois en quelque chose. En Dieu, je ne sais pas. Mais je suis persuadé que des choses, des gens, des guides ou des étoiles sont là pour nous guider.

Pensez-vous que vous gagnez assez par rapport au travail que vous fournissez?

Franchement, je ne suis pas à plaindre. Et de toute façon, quand on fait ce qu'on aime, notre salaire est de faire ce qui nous plaît tous les jours.

Qui aimeriez-vous voir répondre à ce questionnaire?

Vous! Maintenant que vous savez tout sur moi, j'aimerais bien en savoir plus sur vous. (Rires.)

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