Actualisé 30.08.2017 à 15:54

SoulagementLucia C. vivante: «C'est une très bonne personne»

La fille au pair espagnole de 23 ans a été retrouvée hier vers 14 h 30. Elle gisait à 700 m de son Audi accidentée et non loin de la maison de ses employeurs.

par
Evelyne Emeri
1 / 4
Hier après-midi vers 14h30, un homme alerte les forces de l'ordre. Il a identifié Lucia C.. La police cantonale et les secours arrivent très vite sur place.

Hier après-midi vers 14h30, un homme alerte les forces de l'ordre. Il a identifié Lucia C.. La police cantonale et les secours arrivent très vite sur place.

Le Matin / Maxime Schmid
Lucia C. s'était volatilisée dans la nuit de vendredi à samedi, après avoir passé la soirée à la Fête de Corsier avec un groupe d'amis. On la voit ici s'amuser dans une auto-tamponneuse.

Lucia C. s'était volatilisée dans la nuit de vendredi à samedi, après avoir passé la soirée à la Fête de Corsier avec un groupe d'amis. On la voit ici s'amuser dans une auto-tamponneuse.

DR
Les ambulanciers sortent le brancard pour transporter la jeune femme, qui gît au sol juste derrière.

Les ambulanciers sortent le brancard pour transporter la jeune femme, qui gît au sol juste derrière.

Le Matin / Maxime Schmid

«C'est une très bonne personne, sinon elle ne serait pas là depuis si longtemps.» Hier, à 14 h 15, lorsque nous sonnons à la porte de la famille des deux petits garçons dont Lucia C. s’occupe aux Monts-de-Corsier (VD), sa maman d’accueil ne sait pas encore que la bonne nouvelle ne va pas tarder. Du reste, elle fond en larmes, fragilisée par trois jours et demi d’attente insupportable.

Elle ne peut pas et ne veut pas en dire davantage pour préserver au mieux le travail des enquêteurs. Très attachée à la jeune femme, elle nous dit ses espoirs de la retrouver vivante, bien qu’elle se soit déjà volatilisée dans la nuit de vendredi à samedi, après avoir passé la soirée à la Fête de Corsier avec un groupe d’amis.

Ces espoirs seront récompensés quelques minutes plus tard. Comme ceux de sa mère, qui vit ici, angoissée à l’idée du pire, de ses proches restés au pays et dans son village de Granja de Rocamora (Alicante/E) et de sa bande de copains de la région. Tous se sont mobilisés et ont fait exploser les réseaux sociaux pour diffuser au maximum l’avis de disparition de la police cantonale vaudoise.

L’énigme de sa découverte

La police cantonale précisément, mais aussi la police de sûreté, l’ambulance, nous les croiserons en redescendant. Le déploiement est conséquent. Les patrouilles et les voitures banalisées affluent à vive allure et convergent vers un champ en bordure de la route de Moille-Saulaz. Sous une couverture chauffante se dessine une silhouette. Les secouristes sont à son chevet. Lucia C. est couchée à terre, blessée et désorientée. Le brancard est extrait de l’ambulance afin de pouvoir l’y installer et la transférer à l’hôpital.

Le lieu de sa découverte se situe très précisément 700 m plus haut à vol d’oiseau de l’Audi A3 retrouvée accidentée et vide samedi à 6 h 30, voiture que ses employeurs lui avaient prêtée la nuit de sa disparition. La fille au pair n’était du reste plus très loin de leur maison, qu’elle s’apprêtait à regagner. Après un week-end de battues intensives, il paraît inconcevable que les moyens très importants engagés à terre et dans les airs ne l’aient pas repérée. Pas même les chiens, pas davantage les caméras thermiques. Sans compter que le tronçon en question est très passant et qu’elle aurait dû être visible, gisant sur le bas-côté.

Seule ou mal accompagnée?

Et si Lucia C. n’était arrivée là qu’hier après-midi? Ou déposée par une tierce personne qui l’aurait enlevée et séquestrée? Selon nos sources, l’homme qui a alerté la police est «tombé» sur la fille au pair par hasard. Sa réapparition subite à cet endroit exposé reste à ce stade sans réponse.

Hier, nous n’avons pas pu joindre Olivier Jotterand, le procureur chargé de l’affaire. Les investigations se poursuivent en vue de déterminer les circonstances exactes de cette étrange disparition. La jeune femme a subi une batterie d’examens cliniques. Des résultats toxicologiques sont aussi attendus (drogue du violeur – GHB –, alcool ou autres), afin d’exclure ou de renforcer certaines hypothèses.

Lucia C. est en vie. Le plus bel épilogue. Une amnésie partielle la handicaperait toutefois pour répondre à «la» question centrale: est-elle restée seule pendant quasi quatre jours caniculaires sans s’hydrater, sans s’alimenter, après une embardée? Ou a-t-elle fait une mauvaise rencontre sur le chemin du retour?

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!