Actualisé 01.03.2012 à 18:14

Carnet noirLucio Dalla meurt à Montreux après un ultime concert

Le chanteur italien Lucio Dalla est décédé d'une crise cardiaque jeudi matin à Montreux. Il y a donné son dernier concert hier soir. Il devait encore se produire à Bâle, à Berne et à Genève.

Lucio Dalla a été victime d’une crise cardiaque.

Lucio Dalla a été victime d’une crise cardiaque.

Keystone

Le chanteur italien Lucio Dalla est décédé d'une crise cardiaque jeudi matin à Montreux (VD) à son hôtel, a indiqué Opus One, société organisatrice du concert qu'il avait donné la veille l'Auditorium Stravinski. Lucio Dalla aurait eu 69 ans dimanche.

Lucio Dalla a donné mercredi soir un «très très bon concert», a expliqué le directeur de la Saison culturelle de Montreux, Pascal Pellegrini. Le chanteur n'avait montré aucun signe de fatigue, a-t-il précisé.

Lucio Dalla devait donner cinq autres concerts en Suisse, à Berne, à Bâle, à Genève, dimanche, ainsi qu'à Amriswil (TG) à Lugano.

«Personnage à part dans le paysage musical italien, Lucio Dalla avait depuis quatre décennies imprégné celui-ci de son style inimitable, fait de poésie, de simplicité et de tendresse», a dit Opus One dans son communiqué. L'organisateur «s'associe à la douleur et la tristesse de la famille, des proches et des nombreux admirateurs» de l'artiste.

Auteur compositeur

Né à Bologne le 4 mars 1943, Lucio Dalla, qui perd son père très jeune et est élevé par sa mère Iole Melotti, était aussi un clarinettiste et un pianiste confirmé.

Il commence à jouer de la clarinette dans un groupe de jazz, Reno Jazz Gang, à Bologne. En 1962, il rentre dans le groupe I Flipper avec lequel il fait ses débuts sur scène à Turin. Le directeur de la maison de disques RCA Gino Paoli le persuade alors de commencer une carrière solo.

Il sort son premier 45 tours en 1964, puis il crée le groupe Idoli avec lequel il sortira en 1966 son premier album baptisé 1999. En 1971, il participe au festival de San Remo et présente la chanson 4/3/1943.

En 1973, Lucio Dalla décide de travailler avec Roberto Roversi, un poète de Bologne, une collaboration qui durera quatre ans. Après de violents désaccords entre eux, il travaille seul et sera désormais l'auteur compositeur de ses chansons.

Caruso pour Pavarotti

En 1979, avec son album «Lucio Dalla» qui se vend à plus d'un million d'exemplaires, il devient un chanteur très populaire et sa tournée Banana Republic avec Francesco De Gregori fait salle comble.

Il écrit pour Luciano Pavarotti la chanson Caruso en hommage au grand Enrico Caruso, qui sera un immense succès et se vendra à plus de 9 millions d'exemplaires. Il compose aussi des musiques de films pour Mario Monicelli, Carlo Verdone et Michele Placido.

Le style de Lucio Dalla était influencé par de grands paroliers comme Fabrizio De Andre, Francesco De Gregori et Roberto Vecchioni. Avec son écriture anticonformiste à la fois joyeuse et inquiétante, il jouait avec la langue de tous les jours.

Ses chansons très intimistes évoquent sa fascination pour la mer (dans Nun parlà) ou son adolescence (dans Stella di mare ou Futura).

«Il est immortel»

A l'annonce du décès du chanteur, les hommages n'ont pas tardé à affluer: «Cela doit être une blague. Mourir n'est pas dans le style de Dalla (...). Il est immortel. Il reviendra vous verrez», a notamment déclaré sur un ton à la fois ironique et désespéré son attaché de presse Michele Mondella.

«Hier à Montreux, le concert s'est très bien déroulé. Ce matin, il s'est levé, a pris son petit déjeuner, puis s'est tout à coup senti mal», a-t-il expliqué avec émotion à l'agence italienne ANSA.

Le chanteur italien Eros Ramazzotti a lui évoqué le «génie» de Lucio Dalla, qui va «tant nous manquer». «Je ne pourrais jamais oublier son télégramme lors de mon premier San Remo: il m'avait écrit 'Olé'. Ça a été le premier message et j'ai été très honoré», a- t-il relaté à ANSA.

«Sa mort nous attriste mais les artistes comme lui ne meurent pas, ils vivent à jamais dans leur art et de beaux souvenirs», a de son côté dit à Adnkronos le directeur artistique de l'Orchestre Symphonique de San Remo, Bruno Santori, saluant le parcours d'un homme «parti de rien».

Caruso, live à Vérone en 2008

(AFP)

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