Publié

SuisseL’UDC Alex Kuprecht montera bientôt sur le perchoir des Etats

Le Schwytzois avait renoncé à la vice-présidence du groupe parlementaire de l’UDC, alors qu’il venait d’être élu pour en laisser l’honneur à la Zurichoise Natalie Rickli.

Alex Kuprecht.

Alex Kuprecht.

KEYSTONE

Le Schwyzois Alex Kuprecht va accéder lundi prochain à la présidence du Conseil des Etats. Domicilié sur les bords du lac de Zurich, le politicien de l’UDC représente son canton à Berne depuis 17 ans. Il y prône une ligne pragmatique et le dialogue entre sénateurs.

Agé de 62 ans, Alex Kuprecht s’illustre par son aptitude au consensus et sa capacité d’écoute. «Pour façonner des solutions majoritaires, les membres du Conseil des Etats doivent parfois s’écarter de la position de leur parti», explique-t-il à Keystone-ATS. A travers leur élection au scrutin majoritaire, les sénateurs disposent d’une confiance dépassant les limites de leur propre parti, renchérit le citoyen de Pfäffikon (SZ).

Renouer avec la chambre de réflexion

Aussi, Alex Kuprecht souhaite restaurer la réputation de «chambre de réflexion» du Conseil des Etats dont la culture politique s’est quelque peu effacée, selon lui, depuis les élections fédérales d’octobre 2019. La politique politicienne a gagné du terrain dans la petite Chambre, notamment en raison de la crise du coronavirus, estime-t-il.

Durant les huit années précédentes pourtant, le sénateur avait déjà été directement confronté au jeu de la polarisation au «Stöckli». Son compatriote schwyzois Peter Föhn, également membre de l’UDC, y défendait des positions très à droite et bien moins consensuelles que celles d’Alex Kuprecht. Le démocrate-chrétien Ottmar Reichmuth lui a toutefois succédé depuis, rétablissant du même coup un équilibre dans la représentation politique du canton.

Le Schwyzois veut profiter de son année présidentielle pour promouvoir la culture politique traditionnelle de la Chambre des cantons et chercher le dialogue particulièrement avec ses membres les plus récents. Les valeurs du fédéralisme, de l’engagement de milice et de la proximité avec les citoyens sont d’autres points forts dont il veut marquer son année au perchoir.

Lobbyiste et tireur de ficelles

Spécialiste de la politique de sécurité et des assurances sociales, Alex Kuprecht préside les commissions parlementaires consacrées à ces deux domaines. Détenteur d’un diplôme d’assureur, il travaille en tant que lobbyiste pour la Bâloise. Il a aussi présidé la commission de gestion en 2017.

Le conseiller aux Etats a souvent «tiré les ficelles», décrit-il lui-même pour qualifier son style politique. «Il faut parfois aussi savoir construire le jeu et laisser les autres marquer les buts», explique-t-il dans une allusion au sport d’équipe.

En 2012, il a pu mettre en pratique ce principe en renonçant à la vice-présidence du groupe parlementaire de l’UDC, alors qu’il venait d’être élu à cette tâche. Il a préféré céder cet honneur à la Zurichoise Natalie Rickli. Alors conseillère nationale, l’actuelle ministre zurichoise de la santé n’avait pourtant pas obtenu suffisamment de voix au sein du groupe.

Schwyz: une réputation contrastée

Entré au Conseil des Etats en 2003, Alex Kuprecht y a été réélu, il y a un an, pour un cinquième mandat. Afin d’obtenir à nouveau la confiance des citoyens schwyzois, il a mis en avant la possibilité de présider la Chambre haute et de couronner ainsi sa carrière politique tout en honorant son canton.

Schwyz est perçu de manière contrastée sous la coupole fédérale, observe le principal intéressé. Tantôt cité en exemple pour son attitude économe et modeste, le canton fait aussi des envieux qui le qualifient de «profiteur» et de «pique-assiette», observe le conseiller d’Etat. Pourtant, Schwyz est un important contributeur de la péréquation financière, rappelle-t-il.

Dans son canton, Alex Kuprecht a siégé pendant 13 ans au Grand Conseil qu’il a présidé durant l’année qui l’a vu accéder au Conseil des Etats. «Gamin du lac», comme il se définit, le politicien passe souvent son temps libre sur son bateau – et ses vacances à la mer, dans le sud de la France.

(ATS/NXP)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!