Suisse – L’UDC mise sur le nucléaire et veut la tête de Simonetta Sommaruga
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SuisseL’UDC mise sur le nucléaire et veut la tête de Simonetta Sommaruga

Le parti a présenté ses solutions pour assurer la Suisse en énergie, un dossier d’une «priorité absolue» et qui doit être retiré à la ministre socialiste, selon lui. Les Verts répliquent.

Verra-t-on un jour de nouvelles centrales nucléaires en Suisse? C’est ce que réclame l’UDC qui mise aussi sur l’hydroélectrique.

Verra-t-on un jour de nouvelles centrales nucléaires en Suisse? C’est ce que réclame l’UDC qui mise aussi sur l’hydroélectrique.

AURA et Tamedia

La Suisse court un grand danger en matière d’énergie, estime l’UDC. «Elle est menacée par une pénurie d’électricité, avec des conséquences immenses pour la population et l’économie», estime le parti qui a présenté lundi, à Berne, ses solutions «Pour un approvisionnement énergétique sûr, respectueux de l’environnement et abordable».

Pour le parti, la grande responsable de cette situation est la ministre de tutelle du dossier, Simonetta Sommaruga, et la Stratégie énergétique 2050 qui prévoit la sortie de la Suisse du nucléaire. La politique de la socialiste bernoise est une «politique du réchaud de secours» qui met gravement en danger la place économique suisse et la prospérité de huit millions d’habitants, accuse le président de l’UDC, Marco Chiesa. Du coup, le Tessinois demande à la Bernoise de reconnaître l’échec de la stratégie énergétique 2050 et de garantir l’approvisionnement en énergie. Si la ministre refuse de reconnaître cette réalité, ce dossier vital pour la Suisse doit lui être retiré, exige-t-il.

Nouvelles centrales nucléaires réclamées

Du coup, l’UDC pose ses exigences dans ce dossier qui est à ses yeux «une priorité absolue». Pour le parti, l’accent doit être mis sur la production d’électricité sans CO₂. L’énergie hydroélectrique et le nucléaire doivent rester les piliers fiables de l’approvisionnement de la Suisse, «car aucune autre source d’énergie n’est, même de loin, compétitive en termes de capacité, de coûts et de sécurité d’approvisionnement».

Le parti agrarien réclame dès lors que non seulement Berne prolonge la durée de vie des centrales nucléaires existantes mais qu’elle fasse construire de nouvelles centrales de dernière génération. Le gouvernement doit en outre développer l’hydraulique et créer une réserve globale d’énergie et de stockage, ceci également pour le gaz et l’hydrogène.

Plus de torpillage de projets

L’UDC veut aussi que les bases légales soient adaptées de manière à ce que les projets de construction et de concession dans le domaine des énergies renouvelables (énergie éolienne, installations de biogaz, énergie hydraulique) puissent être réalisés plus facilement et non plus proprement torpillés.

Enfin, elle se refuse à «de nouveaux prélèvements, redevances ou taxes qui rendent la production d’électricité plus coûteuse, car ce sont les contribuables, notamment les petites et moyennes entreprises, qui paient la facture», précise le parti.

L’UDC rappelle encore que la Suisse ne peut plus compter sur les importations d’énergie des pays voisins, car l’Allemagne abandonne déjà le nucléaire, l’année prochaine, et la France réduit considérablement sa part d’atome également. Enfin, Bruxelles a déjà fait savoir que les exportations seront drastiquement limitées en cas de pénurie prévisible. Et le parti de pointer du doigt encore les initiatives de la gauche et des Verts, sur les glaciers, sur la biodiversité ou pour le paysage, qui menacent, selon lui, encore davantage la sécurité d’approvisionnement énergétique.

Pour rappel, un rapport du Conseil fédéral, mi-octobre, soulignait que l’échec de l’accord-cadre avec l’Union européenne mettait en péril l’approvisionnement en électricité. Selon ses dires, il pourrait y avoir une pénurie dans un avenir proche, avec une panne soudaine des grandes centrales électriques du pays et celles à l’étranger.

Les Verts répliquent sèchement

Après la politique énergétique exigée lundi, par l’UDC, les Verts ont répliqué aussitôt par un communiqué cinglant. Pour le parti, il s’agit d’une «navigation à l’aveugle dans le domaine de l’écologie et aux conséquences désastreuses pour le climat et l’environnement, mais aussi en termes de coûts pour l’économie et la population».

«Prolonger la vie des centrales nucléaires, voire en construire de nouvelles, ne contribue en rien à la transition écologique pourtant urgente», expliquent les Verts. «C’est aussi absurde que dangereux, puisqu’une centrale représente un gros risque sécuritaire, sans parler des déchets pour lesquels nous n’avons toujours pas de solution. De plus, l’énergie nucléaire est plus chère que l’énergie solaire ou éolienne», insistent-ils.

Et de prôner leurs propres solutions: «Pour assurer un approvisionnement sûr et respectueux de l’environnement, il faut éviter le gaspillage et améliorer l’efficacité énergétique», soulignent-ils. Par exemple, les appareils énergivores doivent progressivement disparaître de la circulation, comme le permet aujourd’hui déjà la loi sur l’énergie. De plus, il faut développer massivement les énergies renouvelables, notamment le solaire, et mettre en place des systèmes de compensation et de stockage d’électricité suffisants. «De cette manière, nous conserverons une valeur ajoutée en Suisse et nous créerons des emplois», concluent-ils.

(cht)

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