Loi sur le CO₂ - L’UDC se moque déjà des «spin doctors» du PLR
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Loi sur le CO₂L’UDC se moque déjà des «spin doctors» du PLR

Les sondages montrent que les sympathisants du PLR peinent à suivre le mot d’ordre du parti pour la loi sur le CO₂. Les parlementaires romands réagissent: la base n’est pas si hostile que cela, il faut mieux communiquer.

par
Eric Felley
Se sentant portée par les sondages, l’UDC par déjà de «gifle retentissante» pour la présidente du PLR Petra Gössi et ses conseillers.

Se sentant portée par les sondages, l’UDC par déjà de «gifle retentissante» pour la présidente du PLR Petra Gössi et ses conseillers.

PLR Suisse

Le deuxième sondage Tamedia concernant la loi sur le CO₂ confirme ce que l’on avait entrevu au premier: les sympathisants du PLR ont grand peine à suivre le mot d’ordre de leur parti qui prône le oui. Les résultats montrent que la base est opposée à 61%, alors que les instances du parti apportent un soutien sans a faille à une loi qualifiée de «compromis raisonnable».

Dans sa dernière newsletter, l’UDC, qui combat seule la loi sur le CO₂, ironise sur la situation: «L’analyse du comportement électoral des électeurs du PLR est encourageante… Cela équivaut à une gifle retentissante pour les spin doctors du tournant énergétique autour de Petra Gössi à la tête de ce parti».

Une loi que le PLR a «façonnée de manière décisive»

Au PLR, la loi sur le CO₂ est devenue peu à peu «son» bébé après la mue verte de 2019. Dans l’argumentaire de campagne le PLR rejette dos-à-dos l’UDC et les mouvements climatiques opposés: «Les pôles extrêmes sont contre la loi, le reste soutient le large compromis, que le PLR a façonné de manière décisive». En effet, au Parlement les élues et les élus du parti ont voté par 23 voix contre 3 et une abstention. Lors de l’assemblée virtuelle des délégués en octobre 2020, le soutien était également bien marqué: 218 oui contre 60 non et 7 abstentions.

Aujourd’hui la base du PLR semble donc nettement moins enthousiaste. Pour la conseillère nationale Jacqueline de Quattro (PLR/VD): «La base n’est pas si hostile que ce qu’on dit. J’ai remplacé mon collègue Jacques Bourgeois (PLR/FR) lors d’une présentation à Fribourg, malgré les questions critiques des libéraux sur les taxes, on sent qu’il y avait la volonté d’emprunter le bon chemin. Certains pensent que c’est trop tôt, qu’il y a la pandémie, qu’ils sont étranglés. On entend des préoccupations sur l’impact économique de la loi, qui sont tout à fait légitimes. Mais on sent également qu’il y a une volonté sincère de s’engager dans un développement durable et dans l’économie des ressources.»

Nous devons mieux communiquer

Jacques Bourgeois, conseiller national

Dans cette tiédeur de la base, Jacques Bourgeois y voit un défaut d’information au niveau du contenu: «Cette loi prévoit des incitations et non pas des interdictions, dans ce sens elle est libérale. Elle en appelle à la responsabilité du consommateur, qui est l’ADN du PLR. Elle crée des emplois en Suisse, elle apporte des milliards à l’assainissement des bâtiments, donc des sommes importantes qui vont dans la poche des entreprises locales. Il y a des taxes bien sûr, mais les opposants font une campagne mensongère en ne prenant en compte que les plafonds, comme les 12 centimes pour l’essence. Nous devons encore mieux communiquer».

Si cela ne passe pas, c’est une sacrée remise en questions

Frédéric Bouloz, conseiller national

Quant à Frédéric Bouloz (PLR/VD), il voit dans cette attitude de l’électorat libéral-radical une «réaction naturelle». Les sympathisants avec qui il débat de la loi «trouvent que nous ne sommes pas allés assez loin avec un système incitatif, volontariste avec moins de contraintes. Mais sur le fond, je sens que les gens ont envie de faire quelque chose pour l’environnement. Je pense qu’il y a encore un chemin pour convaincre les indécis et gagner le 13 juin. On a besoin de ce résultat, c’est une étape. Si cela ne passe pas, c’est une sacrée remise en question».

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