Parlement – L’UDC s’offusque du congé paternité pour les lesbiennes
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ParlementL’UDC s’offusque du congé paternité pour les lesbiennes

Avec le mariage pour tous, dans un couple lesbien, l’une des partenaires doit pouvoir obtenir un congé de deux semaines en cas de naissance. Pour l’UDC c’est un non-sens. Pour le Conseil fédéral, c’est logique.

par
Eric Felley
Le mariage pour tous met sur un pied d’égalité toutes les formes d’union, avec tout ce que cela implique, répond le Conseil fédéral

Le mariage pour tous met sur un pied d’égalité toutes les formes d’union, avec tout ce que cela implique, répond le Conseil fédéral

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Au Conseil des États, après la victoire du mariage pour tous en septembre dernier, Lisa Mazzone (Vert.e.s/GE) a déposé une motion qui demande au Conseil fédéral de proposer au Parlement une adaptation des bases légales: «de sorte qu’il soit précisé que le congé de paternité de deux semaines est valable pour tous les couples et s’applique ainsi à l’épouse et co-mère dans les couples de femmes».

Pour le groupe UDC, qui s’est réuni mardi après-midi, cette proposition défie l’entendement: «Le oui au mariage pour tous a entamé un effet domino, écrit-il dans un communiqué, l’acceptation de ce projet sert désormais de justification à ses partisans pour des revendications toujours plus nombreuses, jusqu’aux plus absurdes comme l’extension du congé paternité aux couples lesbiens.»

La logique de l’UDC

Pour l’UDC, il y a une logique là derrière: le parti était contre le congé paternité et contre le mariage pour tous. Il rappelle que le congé adopté en 2020, «coûte des centaines de millions de francs à l’économie et aux contribuables. Il impacte fortement aussi les PME. L’UDC s’oppose fermement à l’extension de ce droit aux couples lesbiens», conclut-il.

La logique du Conseil fédéral

Le Conseil fédéral a déjà répondu dans un sens positif à Lisa Mazzone: «Étant donné qu’avec l’entrée en vigueur du mariage pour tous, écrit-il, l’épouse de la mère se verra reconnaître un statut légal de parent au même titre que l’époux de la mère, les dispositions relatives au congé de paternité et à l’allocation de paternité doivent être appliquées par analogie à cet autre parent.»

Mais il doit faire de la cosmétique: «La terminologie utilisée dans la loi fédérale sur les allocations pour perte de gain devra toutefois effectivement être adaptée, observe-t-il. Celle-ci pourrait être réalisée dans le cadre de l’un des projets en cours qui vise à modifier la loi sur les allocations pour perte de gains. Les dispositions correspondantes du Code des obligations pourront également être adaptées». On va finir par appeler cela un congé parental…

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