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FootballLudovic Magnin: «Il n'y aura pas de cadeaux»

L'entraîneur du FC Zurich est peut-être le dernier Vaudois à pouvoir sauver le Lausanne-Sport de la relégation. Mais il ne semble pas disposé à aider...

Ludovic Magnin, entraîneur vaudois du FC Zurich

Ludovic Magnin, entraîneur vaudois du FC Zurich

Keystone

Parce que le Lausanne-Sport est au bord du précipice, on a lancé un coup de fil à Ludovic Magnin, hier. Pour tâter le terrain. Voir si l’entraîneur du FC Zurich, qui accueille le LS dimanche au Letzigrund, ne pouvait pas demander à ses joueurs de lever le pied et donner ainsi un coup de pouce à ses compatriotes vaudois, en grand danger de relégation. «Que puis-je répondre à une telle question, sincèrement?, n’a-t-il d’abord pas trop ri. Lausanne, ils n’ont qu’à s’en sortir eux-mêmes.»

Le ton est donné, sans espoir pour les gens de la Pontaise. «Ludo», s’il conserve une infinie sympathie pour le club de son cœur et de son adolescence (lire ci-dessous), ne versera pas dans la connivence. Le FC Zurich, qui aborde le sprint final de Super League à quatre points d’une place qualificative pour la phase préliminaire de la Ligue Europa, doit engranger. «Tout ce que je peux promettre, c’est qu’on donnera tout pour gagner contre Thoune aussi», lance Magnin, qui jure ne pas être sensible à son rôle d’arbitre dans la lutte contre la relégation – le FCZ s’est déjà fait l’auteur d’un 3-3 rocambolesque contre Sion, la semaine passée. L’ex-international n’oublie surtout pas que dimanche, dans le camp d’en face, il y aura «des grands amis», comme Pablo Iglesias, directeur sportif du LS, et Xavier Margairaz, qui vient d’intégrer le staff technique. «Je les ai appelés lorsqu’ils ont pris leurs fonctions, explique Ludovic Magnin. J’espère qu’ils vont s’en sortir mais par contre, ils vont devoir faire neuf points sur les trois matches après moi.»

«Le football est ingrat»

On insiste: ne peut-on vraiment pas attendre un geste de solidarité de la part du dernier Vaudois qui puisse sauver le Lausanne-Sport? «Bah non, définitivement pas. Des fois, malheureusement, le football est ingrat, rappelle-t-il. On va rigoler avant le match et après. Mais pendant nonante minutes, il n’y aura pas de cadeaux, c’est comme ça – eux ne vont pas m’en faire non plus.»

Chacun ses soucis. Ludovic Magnin, qui ambitionne de «mettre des jeunes, faire du spectacle au Letzigrund et prendre des points pour viser à terme le haut du tableau», estime avoir déjà rempli en bonne partie ses deux premiers objectifs au FC Zurich. Le quotidien Blick ne s’est pas privé de souligner que le troisième peinait à suivre (deux victoires, trois nuls et cinq défaites en championnat, depuis son arrivée en février). Le Vaudois, qui a signé jusqu’en juin 2020, rigole de ces critiques. Il a une finale de Coupe en ligne de mire (le 27 mai contre Young Boys) et la confiance de ses dirigeants pour la suite. Reste que trois points contre Lausanne apaiseraient les débuts de pressions extérieures.

Pas de quartiers, donc. Ludovic Magnin a beau «espérer de tout cœur, pour le football romand et tout le canton de Vaud, à commencer par les gamins, que Lausanne reste en Super League», il n’hésitera pas à enfoncer les «siens». Preuve ultime qu’il prend le rendez-vous très au sérieux: son papa Jean-Claude est venu observer le LS en début de semaine à l’entraînement.

L’aide du papa

L’entraîneur zurichois éclate de rire: «Je vous jure sur la tête de mes enfants que je ne le savais pas, ce n’est pas moi qui l’ai envoyé. Vous savez, cela fait trente ans que mon père est à la Pontaise, ce n’est pas seulement quand Lausanne joue contre moi. Mais maintenant que vous me le dites, je lui demanderai, c’est bien.» Non, le LS ne pourra décidément pas compter sur les Magnin, dimanche après-midi au Letzigrund.

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Le Lausanne-Sport, un crève-cœur

Ludovic Magnin a porté le maillot lausannois durant la saison 1996-1997, juste après Echallens et juste avant son envol à Yverdon, sous la férule de Lucien Favre. Une saison à la Pontaise belle et douloureuse. «Ludo», 17 ans, rêve en bleu et blanc lorsqu’il intègre l’équipe espoir du LS, entraînée par Radu Nunweiler, «un type génial». Mais pas une fois de la saison, il n’aura droit à un entraînement avec la première équipe, dirigée alors par Georges Brégy. «On ne croyait pas en moi à l’époque, pas de problème, dit Magnin. Cela m’a forgé le caractère de prendre une bonne claque.» Plus loin dans la conversation, il concède: «Cela me reste un peu dans le cœur, parce que j’aimais ce club et que je n’ai jamais pu y jouer.»

L’entraînera-t-il un jour? «Quand je vois ce qui se passe actuellement en Suisse romande et ce qui se fait en Suisse allemande, c’est difficile d’imaginer rentrer», répond Ludovic Magnin, avant de préciser qu’il s’agit d’une «analyse du jour J, pas une projection sur ce qui va se passer dans quatre cinq ans».

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