Migrants en Bosnie: L’UE accroît son aide et appelle à rebâtir le camp Lipa
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Migrants en BosnieL’UE accroît son aide et appelle à rebâtir le camp Lipa

Afin de mettre fin à la «situation inacceptable» dans laquelle se trouvent un millier de migrants, l’Union européenne va donner 3,4 millions d’euros de plus pour l’assistance humanitaire.

Plusieurs centaines de migrants ont protesté contre les conditions de vie et les solutions proposées.

Plusieurs centaines de migrants ont protesté contre les conditions de vie et les solutions proposées.

Anadolu Agency via AFP

L’UE a annoncé dimanche accroître de 3,5 millions d’euros son assistance humanitaire pour aider les migrants en Bosnie, dont elle juge les conditions de vie «inacceptables», et a appelé à reconstruire le camp Lipa récemment incendié. «dernier recours»

Ces fonds supplémentaires, destinés à «aider les réfugiés et migrants vulnérables confrontés à un désastre humanitaire en Bosnie», s’ajoutent à 4,5 millions d’euros alloués par Bruxelles en avril 2020, a précisé la Commission européenne dans un communiqué.

«Situation inacceptable»

Depuis qu’un incendie a ravagé le 23 décembre leur camp proche de la ville bosnienne de Bihac (nord-ouest), un millier de migrants sont sans abri, aux frontières de l’UE, par un temps très froid et pluvieux.

«La situation est inacceptable. Un hébergement adapté à l’hiver est indispensable pour des conditions de vie humaines, qui doivent être garanties à tous moments», a souligné le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, cité dans le communiqué.

«Les autorités locales doivent mettre à disposition leurs structures existantes disponibles et fournir une solution temporaire (d’hébergement) en attendant que le camp Lipa soit reconstruit en une infrastructure permanente», a-t-il insisté.

Sans eau courante

Le centre Lipa, du nom de la localité où il se trouvait, ouvert en avril, a été abandonné le 23 décembre par les équipes de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), son gestionnaire, parce que les conditions n’y étaient pas réunies pour abriter ses résidents pendant l’hiver.

Il n’avait jamais été raccordé au réseau électrique et n’avait pas d’eau courante. Il a été incendié aussitôt après, selon la police, vraisemblablement par des migrants eux-mêmes pour protester contre le retrait de l’OIM.

La Commission, qui finance le fonctionnement de plusieurs centres d’accueil pour les migrants en Bosnie, et l’OIM réclament la réouverture temporaire, pendant l’hiver, d’un centre à Bihac, mais les autorités municipales et cantonales s’y opposent.

Fermé en octobre, sous la pression des habitants, ce centre pourrait accueillir 2000 personnes. Mais même le gouvernement fédéral, qui réclamait aussi sa réouverture, y a renoncé, a déclaré dimanche le ministre bosnien de la Sécurité, Selmo Cikotic, lors d’une visite du camp Lipa.

«Nous voulons justice!»

Déplorant les «conditions cruelles» pour plusieurs centaines de personnes restées sur le site après l’incendie, Selmo Cikotic a annoncé la reconstruction du camp. «Nous demanderons dès demain à la présidence d’autoriser le déploiement du génie militaire pour lancer les travaux», a-t-il déclaré à la presse.

Mais ces travaux pourraient durer plusieurs semaines, voire des mois. Lui-même n’a pu donner aucun délai pour la reconstruction du camp, «vu la période de l’année et les conditions météorologiques».

L’armée a dressé pendant le week-end sur le site une douzaine de grandes tentes qui devraient servir d’abri provisoire pour les migrants pendant les travaux.

Cependant, plusieurs centaines de migrants ont protesté lors de la visite du ministre, par une forte pluie, contre les conditions de vie et les solutions proposées.

«Nous voulons justice!», «L’UE aide-nous!», ont-ils scandé, ont rapporté les médias locaux. Ils ont refusé pour la troisième journée consécutive le repas qui leur a été proposé par une ONG locale et la Croix-Rouge.

(AFPE)

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