Vaccins: L’UE «conteste» les explications d’AstraZeneca
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VaccinsL’UE «conteste» les explications d’AstraZeneca

AstraZeneca a quitté les discussions avec l’Union européenne, mercredi, après des critiques de l’UE sur les retards pris par l’entreprise dans la production des vaccins.

Le contrat de précommande conclu par l’UE comportait jusqu’à 400 millions de doses du vaccin AstraZeneca/Oxford.

Le contrat de précommande conclu par l’UE comportait jusqu’à 400 millions de doses du vaccin AstraZeneca/Oxford.

AFP

Un haut responsable de l’UE a «contesté» mercredi «nombre» des arguments présentés par le patron d’AstraZeneca pour expliquer les retards de production de son vaccin anti-Covid, démentant notamment le principe de réserver au Royaume-Uni la production des usines britanniques.

«L’accord britannique a été conclu en juin (2020), trois mois avant l’accord européen (…) Londres a stipulé que l’approvisionnement provenant de la chaîne d’approvisionnement britannique irait d’abord au Royaume-Uni», a déclaré le PDG du laboratoire, Pascal Soriot, dans un entretien donné mardi à plusieurs quotidiens membres de l’alliance LENA (Leading European Newspaper Alliance).

AstraZeneca dément

Le groupe pharmaceutique britannique AstraZeneca, mis en cause en Europe pour des retards de livraison de son vaccin contre le Covid-19, a réfuté mercredi s’être retiré d’une réunion d’explication organisée par l’UE, et assuré qu''il participera à une rencontre dans la journée.

«Nous ne nous sommes pas retirés, nous assisterons à la réunion avec les représentants de l’UE plus tard dans la journée», a indiqué un porte-parole du groupe dans un communiqué à l’AFP, après les accusations d’un haut responsable européen.

Jusqu’à 400 millions de doses

Dans le contrat de précommande conclu par l’UE en août, portant jusqu’à 400 millions de doses du vaccin AstraZeneca/Oxford, «il est mentionné que les sites de fabrication britanniques étaient une option pour l’Europe, mais seulement plus tard», a précisé Pascal Soriot.

Dans un passage publié par le quotidien italien «La Repubblica», le patron du groupe insiste: «De toute façon, nous ne sommes aucunement engagés auprès de l’UE (…) Ce n’est pas un engagement contractuel. On a dit: on fera notre mieux, mais sans garantie de réussir».

«L’UE voulait plus ou moins autant de doses que le Royaume-Uni alors qu’ils signaient trois mois après. On a donc dit: on fera notre mieux, mais nous n’allons pas nous engager contractuellement», observe-t-il.

Bruxelles s’insurge

Après ces propos, Bruxelles s’est insurgé: «Nous contestons nombre d’éléments de cette interview, y compris l’idée que la production des usines britanniques serait réservée à des livraisons au seul Royaume-Uni. Ce n’est pas exact», a indiqué à l’AFP un haut responsable de l’UE.

«Sur l’idée de +faire de son mieux+: le contrat prévoit l’existence de capacités de production supplémentaires. De telle sorte que s’il y a un problème dans une usine en Belgique, nous puissions recourir aux capacités d’autres usines en Europe ou au Royaume-Uni», insiste-t-il.

Feu vert attendu

Alors que le feu vert réglementaire de l’UE pour ce vaccin est attendu vendredi, AstraZeneca a annoncé la semaine dernière que les livraisons seraient moins importantes que prévu au premier trimestre en raison d’une «baisse de rendement» sur un site de fabrication européen.

Le laboratoire a été convoqué lundi pour s’expliquer auprès de représentants des États membres et de la Commission. Une autre réunion doit se tenir mercredi.

Pour Pascal Soriot, les difficultés de «rendement» rencontrées dans son usine européenne s’expliquent par le retard pris par rapport au Royaume-Uni: les partenaires du groupe devaient «apprendre» le processus de production et «n’étaient pas aussi efficaces que les autres (…) Ce n’est vraiment pas de chance. Rien de mystérieux là-dedans».

(AFP)

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