28.10.2020 à 01:11

RapportL’UE ne respecte pas ses promesses sur l’aide au développement

Le collectif d’ONG Concord a rappelé aux États membres leur devoir de consacrer 0,7% de leur revenu national brut (RNB) à l’aide au développement en 2030.

Une partie conséquente des fonds comptabilisés comme aide au développement sont de «l’aide gonflée» et couvrent des annulations de dette de pays pauvres, des aides aux étudiants étrangers et en faveur des réfugiés en Europe.

Une partie conséquente des fonds comptabilisés comme aide au développement sont de «l’aide gonflée» et couvrent des annulations de dette de pays pauvres, des aides aux étudiants étrangers et en faveur des réfugiés en Europe.

AFP

L’Union européenne ne tient plus ses promesses en matière d’aide en développement avec des contributions en baisse depuis 2016, a déploré mercredi le collectif d’ONG Concord dans son rapport annuel.

Les États membres de l’UE se sont engagés à consacrer 0,7% de leur revenu national brut (RNB) à l’aide au développement en 2030. En 2019, souligne le rapport, ces États ont mobilisé 78 milliards d’euros pour l’aide au développement, soit 0,46% de son RNB, contre 0,51% en 2016.

Au rythme où vont les diminutions de ces contributions, et sans le soutien des grandes économies européennes, «l’objectif de 0,7% du RNB ne pourra pas être atteint avant 2070», s’inquiète Concord. Cette dernière regroupe 2600 ONG européennes actives dans l’aide au développement. Le collectif souligne que la contribution de la France a augmenté, malgré la crise économique, de 6% entre 2018 et 2019 pour la porter à 11,1 milliards d’euros, soit 0,43% de son RNB.

Contribution très faible de l’Italie

L’Allemagne représente le 1er contributeur avec 21,9 milliards d’euros, soit 0,60% de son RNB, mais ce montant reste inchangé par rapport à 2018, selon Concord. La troisième économie de l’UE, l’Italie, a une contribution très faible de 4,4 milliards d’euros, soit 0,23% de son RNB, en baisse constante depuis 2016.

Trois États membres, le Luxembourg, la Suède et le Danemark, consacrent 0,7% de leur RNB à l’aide au développement, mais leurs trois contributions totalisent 7,8 milliards d’euros. Un quatrième pays, le Royaume-Uni, a atteint l’objectif de 0,7% avec une contribution de 17,7 milliards d’euros en 2019, mais il a quitté l’UE. Treize États membres ont réduit leurs contributions entre 2018 et 2019 avec une coupe de 4% pour la Pologne et de 7% pour l’Estonie.

Une partie conséquente des fonds comptabilisés comme aide au développement sont de «l’aide gonflée» et couvrent des annulations de dette de pays pauvres, des aides aux étudiants étrangers et en faveur des réfugiés en Europe. L’Allemagne a ainsi comptabilisé 4,8 milliards dont 60% pour les réfugiés. La France a alloué 2,5 milliards dont 43% pour les réfugiés.

L’OCDE et la Commission européenne autorisent les pays à comptabiliser ces dépenses dans l’aide au développement, mais plusieurs ont renoncé à cette pratique, ou pour de faibles montants dont le Luxembourg, le Royaume-Uni, le Danemark, la Finlande, la Suède et les Pays-Bas. Le collectif d’ONG plaide pour l’instauration d’une taxe sur les transactions financières dont les recettes devraient être affectées à l’aide au développement.

(AFP/NXP)

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