Géorgie - L’UE passe à la caisse pour faire libérer l’opposant Nika Melia

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GéorgieL’UE passe à la caisse pour faire libérer l’opposant Nika Melia

Bruxelles a annoncé samedi avoir versé une caution de 10’000 francs pour permettre au dirigeant de sortir de détention et participer à résoudre la crise politique qui agite la Géorgie.

Nika Melia, dirigeant de la principale force d’opposition en Géorgie, a été arrêté en février dernier. Son arrestation avait provoqué de nouvelles manifestations dans le pays.

Nika Melia, dirigeant de la principale force d’opposition en Géorgie, a été arrêté en février dernier. Son arrestation avait provoqué de nouvelles manifestations dans le pays.

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L’Union européenne a annoncé samedi avoir payé la caution permettant la libération de l’opposant géorgien Nika Melia, une première étape dans la résolution de la crise politique qui agite ce pays du Caucase depuis octobre.

Nika Melia, dirigeant de la principale force d’opposition de Géorgie, avait été arrêté en février à l’issue d’une spectaculaire opération de police dans les locaux de sa formation, où il s’était retranché.

Son arrestation avait provoqué de nouvelles manifestations alors que le pays est englué dans une crise depuis les élections législatives d’octobre 2020, remportées par le parti du Rêve géorgien au pouvoir mais secouées de fraudes dénoncées par l’opposition.

«Aujourd’hui, une caution d’une valeur de 40’000 GEL (environ 10’000 francs) a été versée afin de permettre la libération de M. Melia de sa détention provisoire», a indiqué dans un communiqué la délégation de l’UE en Géorgie, qualifiant ce geste d’«étape importante pour mettre fin à la crise politique en Géorgie».

Accusé d’avoir organisé des «émeutes de masse»

La date de la libération de Nika Melia, 41 ans, n’était pas connue dans l’immédiat. Son avocat, Guiorgui Kondakhichvili, a indiqué qu’il «attendait désormais des démarches du bureau du procureur».

Nika Melia avait été arrêté pour n’avoir pas payé une autre caution d’un montant bien plus élevé, alors qu’il est poursuivi pour avoir organisé des «émeutes de masse» durant de précédentes manifestations en 2019. L’opposant dénonce, lui, des charges montées de toutes pièces.

Se positionnant comme médiateur dans ce dossier alors que Tbilissi aspire à terme à rejoindre l’Union européenne et l’Otan, Bruxelles avait encadré la signature d’un accord le 19 avril entre la quasi-intégralité de l’opposition et le Rêve géorgien, prévoyant des réformes judiciaires et législatives pour plus de transparence.

Opposition unie

Dirigeant charismatique, Nika Melia avait réussi à la tête du MNU, fondé par l’ex-président en exil Mikhaïl Saakachvili, à unifier l’opposition pour faire face au Rêve géorgien qui domine le Parlement depuis 2012.

Le Rêve géorgien avait tout de même remporté d’une courte tête les élections d’octobre 2020 mais l’opposition avait dénoncé des fraudes. Depuis, les différents partis d’opposition boycottent le Parlement et de fréquentes manifestations sont organisées pour réclamer un nouveau scrutin.

L’arrestation de Nika Melia a provoqué de nouvelles manifestations dans le pays du Caucase, tandis que les capitales occidentales avaient condamné cette décision.

L’Union européenne s’était impliquée dans le dossier en mars après la visite dans le pays du président du Conseil européen, Charles Michel. Cette médiation a conduit à l’accord du 19 avril, lors duquel l’UE avait offert de payer la caution de l’opposant.

Selon cet accord, l’opposition acceptera d’intégrer le Parlement en échange des réformes promises. Le Rêve géorgien a aussi promis de mettre un terme aux cas de «justice perçue comme politiquement motivée» par des amnisties. La libération de Nika Melia entre dans ce cadre.

(AFP)

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