Football: L’UEFA défie la FIFA sur la faute de main

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FootballL’UEFA défie la FIFA sur la faute de main

Dans une lettre adressée Gianni Infantino, Aleksander Ceferin dénonce «une définition trop stricte qui nourrit les frustrations des acteurs du football».

par
Mathieu Aeschmann
L’arbitre allemand Felix Zwayer a choisi avec l’aide de la VAR, mercredi, de donner penalty et d’expulser le Rennais Dalbert pour un ballon qui a rebondi sur son bras après deux déviations à bout portant. Une situation que ne veut plus voir l’UEFA. (Photo by Adam Davy / POOL / AFP)

L’arbitre allemand Felix Zwayer a choisi avec l’aide de la VAR, mercredi, de donner penalty et d’expulser le Rennais Dalbert pour un ballon qui a rebondi sur son bras après deux déviations à bout portant. Une situation que ne veut plus voir l’UEFA. (Photo by Adam Davy / POOL / AFP)

AFP

L’UEFA a ouvert jeudi un nouveau front dans la lutte d’influence qui l’oppose à la FIFA: la réhabilitation de la faute de main historique, celle qui prenait en compte, avant toute autre considération, l’intentionnalité. C’est le président de l’instance européenne en personne, Aleksander Ceferin, qui a décidé d’empoigner le dossier.

Le dirigeant slovène a en effet envoyé une lettre à son homologue de la FIFA Gianni Infantino pour dénoncer «la tentative (actuelle) de définir automatiquement ce qu’est une faute de main». Son but: revenir en arrière et replacer l’esprit du jeu au cœur du processus de décision.

Aleksander Ceferin l’assume, il se fait l’écho «d’une communauté du football de plus en plus frustrée et mal à l’aise face à de nombreuses décisions injustes». Dernier exemple en date, le penalty et l’expulsion (second jaune) du Rennais Dalbert, mercredi face à Chelsea, pour un ballon venu lui taper le bras après avoir ricoché sur le tibia d’un partenaire puis son genou. Le tout à bout portant.

Une décision absurde? Pas pour la commission arbitrale de la FIFA qui, via son patron Pierluigi Collina, a fait ajouter des directives à la 12 du jeu au printemps 2019. Notamment la fameuse obligation de sanctionner tout contact situé au-dessus de la ligne d’épaule, peu importe le contexte.

«Il arrive fréquemment que le ballon touche accidentellement la main ou le bras d’un joueur et l’esprit du jeu voudrait que ces situations inévitables ne soient pas sanctionnées, écrit Aleksander Ceferin. Il faut absolument éviter la fragmentation excessive des matches et les décisions absurdes qui peuvent décider de leur issue. En plus, l’utilisation de la VAR a exacerbé ce problème et pousse les arbitres et les médias à décortiquer chaque situation, alimentant la paranoïa et les controverses.»

Le président de l’UEFA souhaite donc «un retour à l’ancienne définition». Il s’attaque ainsi aux situations de contact «au-dessus du niveau de l’épaule» et la fameuse «augmentation de la surface corporelle».

«Les bras sont une partie du corps engagée dans la biomécanique du mouvement, ils sont nécessaires à la préservation de l’équilibre notamment afin d’éviter les blessures, détaille-t-il. Aujourd’hui, on voit de plus en plus de défenseurs contraints d’adopter des positions pas naturelles uniquement pour limiter le risque de concéder un penalty. Ce n’est pas un service que nous rendons au football.»

Concrètement, Aleksander Ceferin souhaite influer avec cette lettre sur la réunion de novembre de l’IFAB, organe responsable des lois du jeu. Pour rappel, l’UEFA n’y compte aucun représentant direct puisque quatre sièges sont occupés par la FIFA et les quatre autres par les fédérations britanniques (anglaise, galloise, écossaise et irlandaise).

Or comme la très puissante Premier League milite depuis quelques mois pour un retour en arrière, la missive de l’UEFA permet au front des contestataires de gagner en substance.

Et accessoirement, l’UEFA s’engage ici dans un combat au service du jeu, de son esprit. Il défend une position très largement majoritaire dans le milieu du football, parmi ses techniciens et ses amateurs les plus avertis. De quoi rassurer les acteurs et marquer sa différence vis-à-vis de la FIFA.

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