Motocyclisme: Lüthi: «Le titre? Parlons d'autre chose»

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MotocyclismeLüthi: «Le titre? Parlons d'autre chose»

Revenu à 28 points d'Alex Marquez après son podium de Phillip Island, le Bernois a l'humeur joyeuse en Malaisie, où il n'a rien à perdre.

par
Sport-Center

Arrivé lundi matin tôt d'Australie, Thomas Lüthi et son team se sont installés deux jours dans un hôtel de la capitale, Kuala Lumpur, avant de rejoindre une base plus proche du circuit de Sepang: «Lundi soir, on est tous sortis ensemble. C'était très, très joyeux», rigole le dauphin actuel d'Alex Marquez au classement du championnat du monde Moto2. «La deuxième place de Motegi a été fantastique, mais pour moi, c'est bien le troisième rang de Phillip Island qui a le plus de valeur. Parce qu'il a fait suite à un week-end très compliqué et que nous avons trouvé la solution tous ensemble, par notre travail, notre entente», explique Lüthi.

Après le couronnement de Marc Marquez (en Thaïlande) et celui de l'Italien Lorenzo Dalla Porta (Moto3) le week-end dernier en Australie, seul le nom du champion du monde Moto2 2019 n'est pas encore connu. «Le titre? Parlons d'autre chose...», lance le Bernois. «Je sais que ça commence à chauffer en Suisse. J'ai reçu des téléphones de plusieurs médias qui veulent me parler du titre. Et moi... je ne veux pas! Il faut être réaliste, Alex a tous les atouts en mains pour assurer son affaire. Mon focus, à moi, c'est la course de dimanche, j'aimerais la gagner. Le reste, il sera assez tôt d'en parler le soir du GP de Valence.»

Même s'il ne l'avoue pas, Lüthi sait qu'en tenant un tel discours, il s'enlève un peu de pression: «Je sais surtout que dans le passé – face à Johann Zarco puis, l'année suivante avec des conséquences douloureuses, face à Franco Morbidelli – j'avais trop écouté les gens. Je ne le veux plus.»

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MARC MARQUEZ: «ALEX DOIT SUIVRE SON INSTINCT»

Si Tom Lüthi ne veut pas parler du championnat, Alex Marquez est obligé d'y croire. Or, depuis deux GP, on le sent tendu: «C'est normal, c'est un titre mondial qui se joue, explique son frère ainé, Marc. C'est plus difficile quand tu es leader que lorsque tu es chasseur; les autres n'ont rien à perdre. Ce week-end, je veux le laisser tranquille, qu'il travaille sereinement avec son team. Le seul conseil que je lui ai donné? Suis ton instinct, tu es toujours le même Alex!»

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RIEN DE NEUF POUR DOMINIQUE AEGERTER

Le Thaïlandais Somkiat Chantra vole par-dessus Dominique Aegerter (No 77), qui partira à la faute. Cette scène s'est déroulée le week-end dernier lors du Grand Prix d'Australie de Moto2.

Le jour où on apprenait que le champion du monde supersport, le Zurichois Randy Krummenacher, allait rejoindre MV-Agusta pour le mondial des motos dérivées de la série, Dominique Aegerter n'avait rien de semblable à confirmer: «Situation bloquée, nous n'avons pas trouvé de sponsor, mon team actuel veut de l'argent, je ne veux et ne peux plus payer de ma poche.»

Précision: le Thaïlandais Somkiat Chantra qui, en tombant en Australie, avaient emmené avec lui Aegerter, a été pénalisé de trois places sur la grille de départ de la course de dimanche, pour conduite jugée irresponsable. La première punition était de six rangs, mais son team japonais – le premier à le faire depuis l'instauration de ce genre de sanctions – a fait appel de la décision. Et a eu gain de cause à 50%.

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LORENZO: DEUX GP ET PUIS S'EN VA?

On dit désormais avec trop d'insistance qu'il est «hors de question que Johann Zarco récupère la seconde Honda officielle à la place de Jorge Lorenzo», pour que ce ne soit pas le contraire exact qui se passe dans quelques semaines.

Que la Honda RC213V ne convienne pas à un pilote de la trempe de Lorenzo, pourquoi pas; mais que celui-ci perde plus d'une minute en course, comme ce fut le cas en Australie, est inacceptable.

De plus en plus d'observateurs prononcent le même mot: peur! Conscient que sa chute d'Assen aurait pu avoir des conséquences très graves, même définitives pour sa mobilité, Jorge Lorenzo en a assez. Reste à savoir à quel moment il rendra public sa décision.

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LE MOTOGP DU FUTUR: LES DERNIERS BRUITS

Fin 2020, les contrats de la quasi-totalité des pilotes MotoGP arriveront à échéance. Et, histoire de ne pas perdre de temps, mais aussi de faire vivre médiatiquement la catégorie reine alors que l'hiver s'approche, les états-majors, les managers de pilotes et les différents partenaires sont déjà en chasse.

Les derniers bruits? Maverick Viñales relèverait le défi Ducati pour former un team d'usine «new look» avec l'Australien Jack Miller. Que deviendrait, alors, Andrea Dovizioso, qui sera dans deux semaines pour la troisième fois d'affilée vice-champion du monde? On verrait bien l'Italien chez KTM. Le départ de Viñales ouvrirait logiquement les portes du team officiel Yamaha à Fabio Quartararo, restant à savoir si sa Majesté Valentino 46 décidera de prolonger encore d'une année son bail.

Radio paddock, à ce sujet: «S'il se sent bien sur la Yamaha 2020 qu'il découvrira au surlendemain du GP de Valencia, pourquoi pas?»

Jean-Claude Schertenleib

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