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FootballLuis Suarez, l'idole controversée de l'Uruguay (MAGAZINE-DOSSIER)

Montevideo, 22 mai 2014 (AFP) - L'attaquant uruguayen de Liverpool Luis Suarez s'est imposé ces dernières années comme l'un des meilleurs attaquants de la planète, mais ce brillant parcours a été terni par d'encombrantes controverses.

Autre ombre au tableau, plus immédiate: l'avant-centre s'est blessé à un genou mercredi et devait être opéré des ménisques jeudi. Selon l'encadrement, il sera toutefois bien présent au Mondial. Joueur de l'année et meilleur buteur de Premier League (30 buts) cette année, "Luisito", comme le surnomment affectueusement ses compatriotes, est déjà à 27 ans le buteur le plus prolifique de l'histoire de la "Celeste", avec 39 buts en 77 sélections. A la fois habile des deux pieds et de la tête et habité d'une détermination sans faille, l'enfant de Salto (nord-est) arrive au Mondial-2014 au sommet de sa carrière, et son association avec le Parisien Edison Cavani constitue aux yeux de nombreux experts le meilleur duo d'attaque du monde. S'il fait l'unanimité par son talent et sa combativité, le "Pistolero" est souvent désigné comme un "serial-simulateur" versé dans l'art de provoquer penalties et coups francs. Il a en outre été au centre de plusieurs scandales et controverses au cours de sa carrière, souvent par excès de fougue. En 2010, alors qu'il jouait pour l'Ajax d'Amsterdam, il avait été suspendu sept matches du championnat des Pays-Bas pour avoir mordu un joueur du PSV Eindhoven, Otman Bakkal. A la suite de ce geste il avait été surnommé "le Cannibale de l'Ajax". Depuis son arrivée à Liverpool en 2012, il entretient des relations compliquées avec l'Angleterre, dont la fédération l'a suspendu longuement à deux reprises, une fois pour des insultes racistes contre Patrice Evra (Manchester United), une autre pour avoir encore mordu un adversaire, Branislav Ivanovic (Chelsea). En équipe nationale aussi Suarez a fait parler de lui. Lors du Mondial-2010 en Afrique du Sud, il a intentionnellement dégagé un ballon de la main sur la ligne de but, empêchant le Ghanéen Dominic Adiyiah de marquer. Il avait été expulsé, et les caméras de télévision l'avaient montré célébrant l'échec d'Asamoah Gyan, tireur malheureux du penalty. Si sa personnalité peut choquer à l'étranger, elle a plutôt tendance à séduire dans son pays, où ses compatriotent n'aiment voir dans la plupart de ces épisodes que l'illustration de la "garra charrua" ("hargne uruguayenne") et de la ruse propre aux joueurs latino-américains. "J'ai vécu des moments difficiles, compliqués avec Liverpool, parce que des mensonges ont circulé, mais j'ai toujours eu la conscience tranquille", commentait-il récemment, se disant désormais "plus calme, plus tranquile". A l'issue d'une saison de tous les records, couronnée par les trophées de meilleur joueur du championnat (élu par ses pairs) et de joueur de l'année (par les journalistes), Suarez rêve aujourd'hui d'apporter à l'Uruguay sa troisième couronne mondiale, après celles de 1930 et 1950. Lors des éliminatoires, il a été le meilleur buteur de la zone Amsud, devant l'Argentin Lionel Messi, et il atteint aujourd'hui, selon son sélectionneur Oscar Tabarez, "l'étape de meilleur rendement" de sa carrière. Dans un récent entretien à des agences internationales, Tabarez tentait d'expliquer la personnalité de Suarez en ces termes: "il est le premier à l'entraînement et il va faire ce qu'il fait toujours: s'énerver lors des petits matches, critiquer celui qui arbitre en lui reprochant d'être contre lui, et il va être de mauvaise humeur pendant plusieurs heures s'il perd lors d'un petit jeu où il joue gardien de but". Cette combativité n'a jamais quitté ce joueur d'origine modeste, de ses premiers pas au Nacional de Montevideo jusqu'à l'Angleterre, en passant par les Pays-Bas (Groningen et Ajax d'Amsterdam). Elle sera précieuse pour la "Céleste", quatrième en Afrique du Sud et vainqueur de la Copa America 2011, à l'heure d'aborder le Mondial brésilien dans un groupe très relevé comptant également l'Italie, le Costa Rica et... l'Angleterre. gfe/aic/ag/pgf/gv

(AFP)

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