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Donbass L’Ukraine réclame des armes lourdes pour Severodonetsk

Kiev réclame des armes d’artillerie occidentale «de longue portée» qui lui permettraient de reprendre rapidement Severodonetsk, ville de l’Est où se joue selon Kiev «le sort» du Donbass.

La ville de Severodonetsk est le théâtre de violents affrontements entre forces russes et ukrainiennes (photo du 7 juin 2022). 

La ville de Severodonetsk est le théâtre de violents affrontements entre forces russes et ukrainiennes (photo du 7 juin 2022). 

AFP

Les soldats ukrainiens livrent à Severodonetsk l’une des «batailles les plus difficiles» depuis le début de la guerre pour résister aux forces russes qui contrôlent désormais une grande partie de la ville, selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky. «Nous défendons nos positions, en infligeant des pertes importantes à l’ennemi. C’est une bataille très dure», a-t-il affirmé dans une vidéo diffusée mercredi soir, en jugeant que «le sort» du vaste bassin houiller du Donbass «se joue» à Severodonetsk. 

L’enjeu du Donbass

Mettre la main sur cette ville serait une étape déterminante pour Moscou en vue d’une conquête de l’intégralité du Donbass, déjà en partie tenu depuis 2014 par des séparatistes prorusses, renforcés par les troupes russes après l’invasion du 24 février. L’Ukraine pourrait toutefois reprendre Severodonetsk «en 2, 3 jours» dès qu’elle disposera d’armes d’artillerie occidentale «de longue portée», a assuré jeudi Sergueiï Gaïdaï, gouverneur de Lougansk, l’une des deux régions du Donbass. 

Armes occidentales promises 

Face à la pression des troupes de Moscou, les Ukrainiens ne cessent de réclamer à leurs alliés occidentaux des armes plus puissantes que celles de moindre portée dont ils disposent. La livraison de systèmes de lance-roquettes multiples, d’une portée de quelque 80 km, soit légèrement supérieure aux systèmes russes, a été annoncée par Washington et par Londres, mais on ignore quand les Ukrainiens pourront commencer à les utiliser. 

Bombardements à l’artillerie 

Selon le gouverneur Gaïdaï, des combats de rue et des bombardements russes «constants» se poursuivent jeudi dans les zones de Severodonetsk encore contrôlées par les Ukrainiens. Les Russes y combattent de manière «très primitive» en bombardant lourdement à l’artillerie, avant d’envoyer leurs troupes pour tenter de faire des brèches dans les lignes ukrainiennes, a-t-il estimé, ajoutant: «Nos forces les repoussent, puis les tirs d’artillerie reprennent, et ça continue comme ça en permanence.» 

Civils pris au piège 

La semaine dernière, Severodonetsk semblait sur le point de tomber aux mains de l’armée russe, mais les troupes ukrainiennes ont contre-attaqué et réussi à tenir bon, en dépit de leur infériorité numérique. Les forces russes regagnent cependant du terrain. Quelque 800 civils sont pris au piège dans l’usine chimique Azot de la ville, où ils se sont réfugiés, selon l’avocat d’un magnat ukrainien dont la société est propriétaire de l’installation. Les autorités ukrainiennes n’ont pas confirmé cette information. 

Bombardements dénoncés 

Mercredi soir, les forces russes ont bombardé Azot au moins deux fois, touchant notamment un centre de production d’ammonium, a indiqué jeudi la présidence ukrainienne. Lyssytchansk, ville voisine de Severodonetsk, est entièrement contrôlée par l’armée ukrainienne mais subit elle aussi des bombardements «puissants», a déclaré le gouverneur Gaïdaï, accusant les forces russes de viser «délibérément» les hôpitaux et les centres de distribution d’aide humanitaire. 

«Tous les jours quelque chose brûle» 

Si beaucoup de civils ont évacué Severodonetsk et Lyssytchansk, plusieurs milliers y sont néanmoins restés, comme des personnes âgées, les gens s’occupant d’elles ou ceux n’ayant pas les moyens de partir ailleurs. «Tous les jours, il y a des bombardements, tous les jours quelque chose brûle», témoigne Iouri Krassnikov, assis dans un quartier de Lyssytchansk aux nombreux immeubles endommagés et pavillons calcinés, alors que l’artillerie gronde non loin de là. «Il n’y a personne pour m’aider», se lamente ce retraité qui se sent abandonné. 

Aussi à Donetsk 

Les Russes continuent également de bombarder intensément Donetsk, l’autre région du Donbass, «sur tout le long de la ligne de front», selon Kiev, qui a recensé 4 morts et 11 blessés au cours des dernières 24 heures. Dans la ville de Bakhmut, un établissement scolaire a été entièrement détruit mercredi par un bombardement, des livres brûlés étant visibles parmi les décombres, selon des journalistes de l’AFP. Aucun blessé ou mort n’a été signalé.

Les forces de Moscou n’ont progressé que lentement jusqu’ici, faisant dire aux analystes occidentaux que l’invasion russe lancée le 24 février avait tourné à la guerre d’usure, avec des avancées limitées obtenues au prix de destructions massives et de lourdes pertes.

(AFP)

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