Jura bernois: «L’uniforme nous rend-il détestable alors que nous portons secours?»
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Jura bernois«L’uniforme nous rend-il détestable alors que nous portons secours?»

Le commandant des sapeurs pompiers d’Erguël reste interloqué après l’attaque d’un véhicule des sapeurs pendant une intervention à St-Imier.

par
Vincent Donzé
Endommagé samedi, le VW T6 Combi a été acquis l’an dernier.

Endommagé samedi, le VW T6 Combi a été acquis l’an dernier.

Sapeurs-pompiers d’Erguël

Commandant des sapeurs-pompiers d’Erguël, Lionel Müller n’en revient toujours pas: son équipe a été prise pour cible lors d’une intervention à Saint-Imier, samedi soir à 22 h 15. «Qui peut nous en vouloir et pourquoi? L’uniforme nous rend-il détestable alors que nous portons secours?» s’interroge-t-il.

Que s’est-il passé dimanche à St-Imier? Les sapeurs-pompiers se sont rendus à la rue du Collège, suite à un avis concernant un conteneur en feu à proximité d’une habitation. Un comité d’accueil était présent: «Un ou des inconnus ont jeté des bouteilles sur un véhicule d’engagement», a rapporté la police cantonale bernoise dimanche.

Pompiers éloignés

Le conteneur allumé a-t-il servi d’appât? «Je ne le pense pas: le conteneur n’a pas servi de guet-apens», estime Lionel Müller. Le véhicule a été endommagé alors que les pompiers s’en étaient éloignés pour éteindre le conteneur. Ce véhicule était le plus récent de la caserne, acquis l’an dernier. Une vitre a été brisée et la carrosserie a été abîmée.

«Colmatée avec du scotch, la vitre sera changée rapidement, mais la carrosserie sera réparée plus tard», précise le commandant. Dans la même soirée, un extincteur à poudre a été vidé dans un parking. Les pompiers ont porté plainte, mais l’enquête diligentée par le Ministère public régional Jura bernois - Seeland n’a pas abouti. «Personne n’a été interpellé. L’appel à témoins reste actuel», indique Joël Regli, porte-parole de la police cantonale.

Pourquoi s’en prendre aux sapeurs-pompiers d’Erguël?

Pourquoi s’en prendre aux sapeurs-pompiers d’Erguël?

Sapeurs-pompiers d’Erguël

Des jeunes en rébellion contre l’autorité, ce n’est pas une première à Saint-Imier. Le 31 juillet dernier, des feux d’artifice et des cocktails molotov ont été tirés contre la police. Un couvre-feu a été décrété après la fête nationale, appliqué de 22 h à 7 h aux places et aux jardins publics. «S’en prendre aux pompiers, c’est un palier supplémentaire», regrette Lionel Müller.

À première vue, les fauteurs de troubles sont des adolescents en fin de scolarité. «Le dialogue avec eux n’est pas évident. Personne n’a jamais expliqué pourquoi il en voudrait aux pompiers», soupire le commandant des sapeurs-pompiers d’Erguël. D’où sa question: «Veulent-ils simplement se faire remarquer?».

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