Suisse - L’usam exige la «fin immédiate du lockdown»
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SuisseL’usam exige la «fin immédiate du lockdown»

Pour l’Union suisse des arts et métiers, la fermeture des activités sociales et économiques due à la pandémie constitue une violation flagrante de l’équilibre entre les enjeux et les intérêts de la Suisse.

La pandémie constitue un stress-test pour la Suisse, selon le directeur de l’usam, Hans-Ulrich Bigler.

La pandémie constitue un stress-test pour la Suisse, selon le directeur de l’usam, Hans-Ulrich Bigler.

parlament.ch

L’usam exige la fin immédiate du lockdown et la reprise des activités normales en Suisse dès lundi prochain, a-t-elle fait savoir lundi dans une conférence de presse. L’Union suisse des arts et métiers usam a procédé à une évaluation critique de la gestion pandémie et des mesures engagées pour y faire face. Et «le résultat montre que le véritable défi consiste à pondérer des objectifs contradictoires et à trouver un équilibre entre les enjeux et les intérêts», a-t-elle fait savoir dans une conférence de presse lundi.

«La pandémie constitue un stress-test pour la Suisse, son économie et son système sociopolitique», constate Hans-Ulrich Bigler, directeur de l’Union suisse des arts et métiers. «Elle peut être cependant l’occasion de corriger nos erreurs, afin d’être mieux armés pour surmonter dans les meilleures conditions celles à venir», estime-t-il. Or la politique du Conseil fédéral repose presque exclusivement sur des considérations sanitaires, reproche-t-il. Des facteurs importants tels que la politique économique et financière ou les questions sociales n’ont pas été pris en compte, selon lui.

«Fiasco total»

«On peut parler de défaillance complète et de fiasco total, avec, au final, la mainmise de l’OFSP sur toutes les décisions», reproche Hans-Ulrich Bigler. «Une telle approche unilatérale ne peut aboutir qu’à des mesures disproportionnées et à un lockdown préjudiciable à l’économie, aux finances publiques et à la société dans son ensemble».

Pour le directeur de l’usam, il faut passer par la «protection ciblée» pour mettre en balance les conflits d’intérêts et apporter des réponses proportionnées. Soit un dépistage généralisé, un programme de vaccination intensif et le traçage des contacts. Ce principe a été clairement énoncé par le Parlement et le Conseil fédéral est appelé à le suivre à la lettre, exige Hans-Ulrich Bigler. «Ces mesures équilibrées permettraient de rouvrir notre économie et de revenir à une vie sociale saine», souligne-t-il.

La task force mise en cause

Pour le président de l’usam, le conseiller national Fabio Regazzi, le Conseil fédéral est «prisonnier de scénarios anxiogènes et paralysants». Corollaire: des mesures et décisions prises de plus en plus absurdes, voire contradictoires, avec des arguments toujours plus confus, critique-t-il.

Il s’en prend aussi à la task force scientifique qui a joué un rôle «discutable» selon lui. «Nous considérons clairement qu’elle fait partie du problème et non de la solution», estime Fabio Regazzi. «La task force, dont les membres recherchent par trop l’attention des médias, n’a aucune légitimité démocratique», reproche-t-il. «Elle publie des prises de position sur divers sujets et se comporte comme un lobbyiste ordinaire».

L’usam réclame donc que lorsqu’une situation particulière ou extraordinaire est déclarée, une délégation du Conseil fédéral identifie à l’avenir les éventuels conflits d’objectifs entre les différents domaines et débatte des solutions possibles. Un état-major formé des différents départements, offices fédéraux, cantons et acteurs de la société civile doit être également mis sur pied, selon elle.

La Suisse à la traîne dans la numérisation

Pour André Berdoz, vice-président de l’usam, la crise a révélé que la Suisse accusait un énorme retard en matière de numérisation dans le domaine de la santé, de l’administration, mais aussi dans celui de la communication entre Berne et les cantons. Il en veut pour preuve les problèmes rencontrés lors de la collecte et de l’analyse des données, du traçage des contacts ou de la conception du carnet de vaccination numérique. Des partenariats public-privé doivent être envisagés pour résoudre rapidement ces problèmes, estime-t-il.

Pour Diana Gutjahr, conseillère nationale UDC et membre du comité directeur de l’usam, la loi sur les épidémies doit être révisée. «La Suisse se trouve confrontée pour la première fois à une situation d’urgence au sens de la loi sur les épidémies. Nous débarquons pour ainsi dire sans répétition générale sur la scène du drame», souligne-t-elle. L’usam estime que dès lors qu’une situation particulière ou extraordinaire est déclarée, le Conseil fédéral doit constituer une délégation. Le Parlement doit en faire de même pour assurer l’équilibre des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif et garantir la légitimité démocratique des décisions prises.

(cht)

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