Actualisé

MYSTÈRE«Ma fille pourrait bien avoir été enlevée»

Emilie, 15 ans et disparue le 12 novembre, reste introuvable. Hier, son père nous a guidés sur les lieux de sa disparition pour évoquer l’hypothèse de l’enlèvement.

par
Laurent Grabet

Cela fait trois semaines qu’Emilie Fortuzi, 15 ans, a disparu de la fondation pour enfants handicapés des Buissonnets de Fribourg. Depuis, chaque jour, le père de la jeune autiste arpente le chemin menant du lieu de la disparition à celui où des habits de sa fille ont été retrouvés. De ces errances parfois nocturnes, l’informaticien de 47 ans désormais représenté par le célèbre avocat Jacques Barillon, tire une certitude: «Les chances qu’Emilie ait été victime d’un enlèvement sont au moins aussi élevées que celle qu’elle se soit noyée!» Cette seconde thèse lui semble être privilégiée par la police fribourgeoise. Laquelle a encore entrepris des recherches fouillées dans la zone la semaine passée. «Toutes les pistes sont approfondies avec la même rigueur», rappelle de son côté Donatella Del Vecchio, porte-parole de la police fribourgeoise.

Hier, nous avons suivi Adrian Fortuzi sur ce chemin jalonné de mystères et d’éléments laissant penser qu’il y a peut-être eu enlèvement. Les voici:

L’autisme

Emilie est une autiste profonde. «Cela implique qu’elle n’a pas peur des inconnus, mais aussi qu’elle est esclave de la routine et n’a jamais pris l’initiative de fausser compagnie à un éducateur dans la cour intérieure des Buissonnets et encore moins pour aller si loin dans la nuit», explique Adrian Fortuzi. D’autant que le soir de la disparition, la jeune fille se réjouissait, comme chaque mardi depuis plus d’un an, d’aller boire un verre avec son père. Qu’elle se soit enfuie étonne aussi ses éducateurs des Buissonnets.

La piste interrompue La nuit de sa disparition, les chiens policiers ont suivi les traces d’Emilie jusqu’à une grande ferme en bordure de la Sarine – laquelle a été fouillée sans succès. «Ils se sont ensuite arrêtés alors qu’en cas de noyade ils auraient dû continuer jusqu’à l’eau», souligne Adrian Fortuzi.

L’eau Emilie a toujours eu du respect et de la peur pour cet élément d’après son père. «Et même si elle s’était aventurée dedans par mégarde à cause de la pénombre, ça ne peut être que dans une sorte d’étang peu profond et sans courant, relié à la Sarine. Et elle aurait alors illico reculé sans se mettre en danger.» Un parcours improbable La jeune fille connaissait bien le début du chemin menant à la rivière pour y être allée observer régulièrement des animaux avec ses camarades. Mais son père estime très improbable qu’elle ait poursuivi ensuite alors qu’elle ne connaissait plus les lieux.

Le corps introuvable Si la jeune disparue s’est bel et bien noyée ou tuée par accident, pourquoi son cadavre n’a pas encore été retrouvé malgré plusieurs semaines de recherches poussées notamment avec chiens, caméras thermiques, hélicoptères ou bateaux? Et ce alors que son pantalon, sa veste et l’une de ses chaussures l’ont été rapidement.

Une proie idéale Physiquement, la Fribourgeoise ressemble à une jeune fille de son âge. «Elle ne parle pas, elle fait facilement confiance et ce qu’on lui dit, insiste Adrian Fortuzi. Ces particularités font de ma fille la victime parfaite pour un pervers sexuel, des trafiquants d’organes ou n’importe quelle personne ayant de mauvaises intentions pour une raison ou une autre. La police doit chercher dans toutes les directions. Elle aurait par exemple même dû me soupçonner et m’interroger. Elle ne l’a pas fait. Cela me surprend.»

Votre opinion