Actualisé

Afrique du Sud«Ma mère avait une arme sous son oreiller» confie Pistorius

Appelé à la barre pour la première fois, Pistorius s'est excusé en pleurs pour le meurtre de Reeva Steenkamp. Il a aussi évoqué son enfance.

1 / 137
En appel, Oscar Pistorius est condamné à 13 ans et 5 mois de prison contre six ans en première instance. La peine est doublée. (Vendredi 24 novembre 2017)

En appel, Oscar Pistorius est condamné à 13 ans et 5 mois de prison contre six ans en première instance. La peine est doublée. (Vendredi 24 novembre 2017)

AFP
Le parquet sud-africain va réclamer vendredi une peine plus lourde pour l'athlète paralympique Oscar Pistorius. Il juge «scandaleusement clémente» sa condamnation à six ans de prison pour le meurtre de sa compagne. (Mercredi 1 novembre 2017)

Le parquet sud-africain va réclamer vendredi une peine plus lourde pour l'athlète paralympique Oscar Pistorius. Il juge «scandaleusement clémente» sa condamnation à six ans de prison pour le meurtre de sa compagne. (Mercredi 1 novembre 2017)

Keystone
La famille d'Oscar Pistorius va porter plainte contre les auteurs du film «Oscar Pistorius: Blade Runner Killer», consacré au meurtre de sa petite-amie et du procès qui a suivi. A ses yeux, le long-métrage «déforme la vérité». (Mardi 3 octobre 2017)

La famille d'Oscar Pistorius va porter plainte contre les auteurs du film «Oscar Pistorius: Blade Runner Killer», consacré au meurtre de sa petite-amie et du procès qui a suivi. A ses yeux, le long-métrage «déforme la vérité». (Mardi 3 octobre 2017)

AFP

Le procès du champion handisport sud-africain Oscar Pistorius pour le meurtre de sa petite amie en février 2013 a été interrompu lundi après-midi et ajourné à mardi, à la demande de sa défense qui a fait valoir qu'il était «vraiment épuisé».

«Si ce n'est pas la même chose tous les jours et que le procès peut avancer, je n'ai pas d'objection», a réagi le procureur Gerrie Nel. «Il a l'air épuisé», a aussi admis la juge Thokozile Masipa, alors que Pistorius, revenu de la pause déjeuner, s'exprimait depuis trois quarts d'heure environ.

«Je me réveille avec l'odeur du sang»

Oscar Pistorius a été appelé à la barre lundi et a commencé sa déposition en s'excusant, en larmes, auprès de la famille la victime. «Madame le juge, je voudrais avoir l'occasion... de m'excuser auprès de la famille» Steenkamp, a-t-il balbutié d'une voix brisée, à peine audible et entrecoupé d'un silence, au point que la juge l'a interrompu pour lui demander de s'exprimer plus clairement. «Je m'excuse, je vais parler plus fort», a-t-il repris.

«Je voudrais présenter mes excuses (...) Depuis que cette tragédie est arrivée, je n'ai cessé de penser à la famille. Je me réveille tous les matins et ce sont les premières personnes auxquelles je pense. Je ne parviens pas à imaginer la peine, le chagrin et la détresse que j'ai causés à cette famille».

«J'essayais seulement de protéger Reeva. Je voudrais que les gens sachent qu'elle était aimée quand elle s'est couchée cette nuit-là», a-t-il ajouté. S'exprimant pour la première fois en public depuis le drame, il a également confié qu'il était sous médicaments et qu'il souffrait depuis de «terribles cauchemars la nuit».

«Je me réveille la nuit avec l'odeur du sang», a-t-il dit, avant de décliner sa biographie, depuis sa naissance sans péroné le 22 novembre 1986, son amputation, ses premiers succès sportifs, le décès de sa mère quand il avait 15 ans.

Une mère craintive pour sa sécurité

La mère d'Oscar Pistorius, décédée quand il avait quinze ans, avait constamment peur pour la sécurité et conservait un pistolet sous son oreiller, a raconté lundi le champion. «Ma mère se faisait beaucoup de soucis pour la sécurité. Nous avons grandi dans une famille où mon père n'était pas souvent là, et elle avait souvent peur la nuit, il lui arrivait d'appeler la police», a-t-il témoigné à la barre.

«Elle conservait une arme à feu dans une housse rembourrée sous son oreiller», a ajouté le jeune homme, né en 1986, quelques années avant le pic de criminalité que l'Afrique du Sud a connu dans les années 1990, à l'époque parmi les pays ayant le plus d'homicides.

A cette époque, a-t-il poursuivi, la famille Pistorius ne vivait pas «dans les meilleurs quartiers» tels que celui où l'athlète vivait ces dernières années à Pretoria et où s'est produit le meurtre le 14 février 2013.

Simple observation

Lundi matin le légiste Jan Botha avait été entendu. S'appuyant sur des articles scientifiques, le docteur Botha a estimé qu'il ne fallait pas être «dogmatique» dans le calcul du temps nécessaire à la digestion avant un décès. Il a ajouté que les médecins légistes ne pouvaient qu'«observer», mais pas établir des conclusions rétrospectives.

Son confrère Gert Saayman, cité par l'accusation, avait trouvé les reliefs d'un repas avalé vers 01h00 du matin par Reeva Steenkamp, le 14 février 2013, alors que le couple était censé s'être couché vers 22h00 la veille au soir.

La thèse du cambrioleur

L'athlète affirme avoir tué par erreur son amie Reeva Steenkamp peu après 03h00 au matin de la Saint-Valentin 2013, la prenant pour un cambrioleur caché dans ses toilettes.

L'accusation croit au contraire qu'il l'a abattue sciemment. Selon elle, l'athlète a produit des témoignages troublants pendant les quinze premières audiences de ce procès ultra-médiatisé devant un tribunal de Pretoria.

Le procès, qui a débuté le 3 mars, avait été ajourné le 28 mars, car l'un des assesseurs était souffrant. Il pourrait se poursuivre jusqu'à la mi-mai.

(ats/afp)

Votre opinion