Hockey sur glace: Ma mère m'a donné un précieux conseil

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Hockey sur glaceMa mère m'a donné un précieux conseil

Quand j'avais 14 ans, elle m'a suggéré d'accorder de l'importance à l'aspect mental.

par
Nino Niederreiter
Découvrez ci-dessous la chronique de Nino Niederreiter.

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Keystone

Je suis l'homme le plus chanceux du monde: mon dada est devenu mon job. Le matin, quand je me lève, je ne me dis pas «je vais bosser», je me dis «je vais assouvir ma passion». Je suis tombé amoureux du hockey sur glace tout gamin. Mais je n'aurais probablement pas pu réaliser mon rêve si ma maman ne m'avait pas soufflé un précieux conseil en 2006. Un soir, alors que je n'avais que 14 ans et que je ne me débrouillais pas trop mal dans les rangs juniors, elle m'avait suggéré d'accorder de l'importance à l'aspect mental. Je l'avais écoutée et elle avait raison: mes séances chez une psychologue, que je consulte encore aujourd'hui, ont fait de moi un meilleur joueur. J'ai appris à penser positif, à croire en mes qualités dans toutes les situations.

Grâce à cette expérience, j'ai réalisé qu'il existait des outils pour m'aider à progresser au quotidien en marge des séances d'entraînement qui sont proposées par les clubs. Depuis quelques années, je bénéficie de l'aide d'un coach qui est basé en Suisse et qui a développé un instrument formidable, la plateforme «Prokeycoach»: l'ancien international Benoît Pont. Avec Ben, à distance, on travaille sur des clips de mes matches et sur la visualisation de séquences de jeu de mes adversaires. Si je n'ai pas inscrit de but dans les dernières parties, je regarde des centaines de moments où j'en marquais et de gestes de hockeyeurs qui ont un profil similaire au mien (Ilya Kovalchuk par exemple): j'intègre ces images et les reproduis lors des matches. Je visualise également les faiblesses de mes futurs adversaires et tente d'en tirer profit lorsque nous nous retrouvons face à face sur la glace.

Il est indispensable de recourir à ces nouveaux supports

Il y a quelques années, à l'image de ce que François Allaire professait lors des camps estivaux à Verbier, les gardiens étaient les seuls joueurs à bénéficier d'un coaching individuel et d'une méthodologie à appliquer dans une situation précise. Aujourd'hui, nous, les attaquants, avons rattrapé notre retard. Face à un gardien, nous savons aussi comment agir. Mais nous ne sommes pas des robots. Le hockey demeure un jeu et cela ne fonctionne pas à tous les coups.

Il n'empêche que, dans un sport en phase de mutation avec la disparition des «goons» et l'avènement de jeunes joueurs rapides, il est indispensable de recourir à ces nouveaux supports pour demeurer au top.

Le public ne le voit pas, mais les efforts consentis en dehors de la glace constituent aujourd'hui la plus grande partie d'une journée d'un hockeyeur professionnel.

Cette chronique est assurée en alternance par Nino Niederreiter, Thabo Sefolosha, Fanny Smith, Thomas Lüthi et Yann Sommer.

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