Bienne: «Ma pauvre Choupette m’a laissé son petit bébé»
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Bienne«Ma pauvre Choupette m’a laissé son petit bébé»

La maîtresse du bichon maltais tué par un chien trop grand pour lui se console avec un petit orphelin. Le coupable peut encore se promener, mais en laisse, avec une muselière et sans compagnon.

par
Vincent Donzé
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Gipsy ne va plus dans la niche de Choupette, sa maman tuée lundi dernier.

Gipsy ne va plus dans la niche de Choupette, sa maman tuée lundi dernier.

lematin.ch/Vincent Donzé
Édith se raccroche à Gipsy, portrait craché de sa maman Choupette.

Édith se raccroche à Gipsy, portrait craché de sa maman Choupette.

Lematin.ch/Vincent Donzé
Sa maman le léchait encore: Gipsy pleurniche toutes les nuits.

Sa maman le léchait encore: Gipsy pleurniche toutes les nuits.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Une niche est vide dans l’appartement d’Édith (70 ans), à Bienne, près de l’Île-de-la-Suze. Lundi dernier, un chien a tué Choupette, son bichon maltais qui se promenait avec Gipsy, son petit de six mois. Une attaque fulgurante: à l’autre bout des deux laisses, la retraitée biennoise n’a pu se saisir que de Gipsy, en voyant Choupette se faire charcuter. «En une fraction de seconde, son dos était tranché jusqu’à la colonne vertébrale. Cette image me poursuit», rapporte la retraitée.

Le propriétaire du chien méchant a frappé son chien-loup/husky à coups de laisse en s’excusant auprès de la promeneuse: «Je suis désolé». «Ça ne me ramènera pas ma Choupette», lui a répondu la retraitée ébranlée, incapable d’appeler elle-même la police. C’est un jardinier qui le fera, permettant ainsi à trois agents d’identifier le responsable de cette attaque.

Poursuivi d’office

Le délit est poursuivi d’office: «Un rapport a été adressé au Ministère public: il appartient à la justice d’établir la peine», informe Isabelle Wüthrich, porte-parole de la police cantonale bernoise. L’Office vétérinaire a été informé: «Nous prenons l’affaire très au sérieux», assure Isabelle Wüthrich.

«Nous avons connaissance de cet incident qui est en cours de traitement auprès de la police cantonale bernoise», confirme l’Office bernois des affaires vétérinaires. «Le chien en question n’était jusqu’à présent pas connu pour être excessivement agressif», précise sa porte-parole Andrea Hunziker.

Choupette a été tuée lundi après-midi pendant sa promenade avec sa maîtresse.

Choupette a été tuée lundi après-midi pendant sa promenade avec sa maîtresse.

DR

«Sa part de husky en fait un chien de travail à qui une promenade de deux heures ne suffit pas pour contrôler son tempérament. Il lui faut de l’exercice pour le fatiguer, s’il s’ennuie, il va surréagir», prévient Alexandra Spring, gardienne à Brügg du refuge biennois de la protection des animaux.

«En guise de mesure immédiate, nous ordonnons qu’il soit désormais toujours promené seul, tenu en laisse et muni d’une muselière», annonce l’Office des affaires vétérinaires du canton de Berne. Selon Alexandra Spring, une séquestration intervient quand le maître est incapable de donner à son chien une «vie adéquate».

Au refuge Rosel, Alexandra Spring ne place pas un croisé chien-loup/husky dans la liste des animaux dangereux, mais la responsabilité du détenteur est intacte: «Formellement, ce n’est pas un molosse, mais qu’importe: quand un grand chien en mord un petit, il risque de le tuer. Et il y a beaucoup de petits chiens à Bienne».

Sur un enfant

La propriétaire de Choupette s’interroge. Son bichon n’aboyait pas, ne grognait pas: pourquoi a-t-elle été attaquée? Et si ça avait été un enfant? La gardienne du refuge de Brügg lui répond d’une phrase: «Un bichon frisé est très attractif pour un chien à l’instinct de chasseur, mais cet attrait peut être transféré sur un enfant». Raison pour laquelle après un incident qu’elle juge «tragique», Alexandra Spring préconise une expertise comportementale par un vétérinaire spécialisé.

«Les chiens, c’est ma passion, et c’est un grand réconfort pendant le confinement», confie Édith. «Moi qui aimais tous les chiens, j’angoisse désormais quand j’en vois un grand», poursuit-elle. Des cours d’éducation, elle en suit pour son petit Gipsy. Mais elle envisage désormais de consulter une comportementaliste pour vaincre une peur panique qu’elle n’avait jamais éprouvée.

«Ma pauvre Choupette m’a laissé son petit bébé, Gipsy», murmure la retraitée dans un sourire timide. Gipsy (6 mois) ne va plus dans la niche de sa mère. Le chagrin est immense: «Je lui ai expliqué que Choupette était partie au paradis, mais vers 4 ou 5 heures du matin, elle pleurniche et je la prends dans mon lit», conclut Édith.

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