Publié

FranceMacron confronté au défi du rassemblement

Le nouveau président français doit désormais constituer son gouvernement. Il fera une annonce officielle le 15 mai.

1 / 53
La femme du président français affirme vouloir «assumer son rôle public» qui sera déterminé «par une charte de transparence» précisant ses «missions et ses moyens», dans une interview au magazine «Elle» à paraître vendredi. (Jeudi 17 août 2017)

La femme du président français affirme vouloir «assumer son rôle public» qui sera déterminé «par une charte de transparence» précisant ses «missions et ses moyens», dans une interview au magazine «Elle» à paraître vendredi. (Jeudi 17 août 2017)

AFP
Le Parlement français a donné son accord définitif au gouvernement Macron pour réformer le droit du travail sans intervention des députés. (Mercredi 2 août 2017)

Le Parlement français a donné son accord définitif au gouvernement Macron pour réformer le droit du travail sans intervention des députés. (Mercredi 2 août 2017)

AFP
La Ministre des Armées, Sylvie Goulard, est suspectée dans une affaire d'emplois fictifs. Elle a présenté sa démission au président français. (Mardi 20 juin 2017)

La Ministre des Armées, Sylvie Goulard, est suspectée dans une affaire d'emplois fictifs. Elle a présenté sa démission au président français. (Mardi 20 juin 2017)

AFP

Le président élu Emmanuel Macron est en pleines tractations pour constituer son gouvernement. Il a engrangé mardi le ralliement de l'ancien Premier ministre socialiste Manuel Valls, signe de l'éclatement du paysage politique français à un mois des législatives.

Le jeune président centriste et pro-européen sait qu'il doit rassembler des personnalités issues de la droite et de la gauche modérées s'il veut parvenir à constituer une majorité parlementaire et appliquer sans frein ses réformes. «Un casse-tête», résumait mardi le quotidien Le Parisien.

Espoirs de revanche

Sèchement éliminés au premier tour de la présidentielle, la droite (Les Républicains, LR) et le Parti socialiste (PS) attendent de pied ferme leur revanche aux élections législatives des 11 et 18 juin. Les deux formations tenaient chacune conclave mardi après-midi pour définir leur stratégie face au nouveau chef de l'Etat.

«Pour ma part, je ne suis pas dans l'état d'esprit d'une obstruction systématique et d'une opposition frontale», a souligné Alain Juppé, maire de Bordeaux et personnalité influente de la droite. L'un de ses proches, le maire du Havre Edouard Philippe, fait partie des personnalités citées comme possible Premier ministre de «rassemblement» d'Emmanuel Macron.

Le secrétaire général adjoint des Républicains Eric Ciotti a accusé Emmanuel Macron de vouloir «détruire» son parti, mais aussi le PS, en essayant de faire «des petits débauchages». Les Républicains et leurs alliés centristes de l'UDI ont toutefois lancé mardi «la mère des batailles». Leur projet pour les législatives est conçu comme un contrepoids au programme d'Emmanuel Macron, un «contrat d'alternance» qui édulcore les propositions de leur ancien chef de file, François Fillon.

Le cas Valls

A gauche, le Parti socialiste a rappelé à l'ordre ceux de ses membres tentés de rejoindre le camp présidentiel, au premier rang desquels l'ancien Premier ministre Manuel Valls.

«Ce Parti socialiste est mort», a asséné mardi M. Valls, qui a semé le trouble en annonçant son intention de se présenter aux législatives sous l'étiquette «majorité présidentielle». «Impossible» dans ce cas de rester au PS, a martelé le patron du parti Jean-Christophe Cambadélis.

Le premier secrétaire du Parti socialiste a plaidé mardi pour une «gauche exigeante» en vue des élections législatives de juin. Il a réuni dans la salle parisienne de La Mutualité les candidats investis par le PS pour les scrutins des 11 et 18 juin, qui se présenteront sur la base d'une plate-forme programmatique commune entérinée par un Bureau national.

Aux extrêmes, le Front national de Marine Le Pen, qui a recueilli près de 34% des voix dimanche, et la France insoumise du tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon (19,5% des suffrages au premier tour) espèrent eux aussi concrétiser leur poussée dans les urnes.

Déçu par l'échec de sa candidate, le parti d'extrême droite devait se réunir mardi pour en analyser les causes et définir sa ligne en vue des législatives. Marion Maréchal-Le Pen, l'une des deux membres du Front national à l'Assemblée nationale, a annoncé qu'elle ne briguerait pas un nouveau mandat aux élections législatives de juin. Sa tante Marine Le Pen pourrait elle aussi renoncer à se présenter.

Promesse de renouvellement

Face à ces multiples adversaires, le mouvement centriste qui a porté Emmanuel Macron à l'Elysée s'est mis en ordre de bataille. Rebaptisé «La République en marche», ce mouvement créé en 2016 et sans ancrage local annoncera jeudi les noms de ses 577 candidats aux législatives.

Les derniers arbitrages s'annoncent délicats entre promesse de renouvellement - 50% des candidats doivent venir de la société civile - et souci d'efficacité. Signe de cette difficulté, le ralliement de Manuel Valls, personnalité clivante de la politique française, a été accueilli avec un certain embarras.

«D'abord, il faut qu'il fasse acte de candidature», a répondu Christophe Castaner, un porte-parole d'Emmanuel Macron. Il a souligné qu'il revenait aux instances du mouvement de choisir les candidats.

Autre priorité du nouveau président: le choix d'un Premier ministre capable d'incarner le rassemblement des Français. Emmanuel Macron annoncera sa décision après la passation de pouvoir avec son prédécesseur François Hollande, qui se déroulera dimanche matin au palais de l'Elysée.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!