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FranceMacron interpellé au sujet de sa position sur la Syrie

Des intellectuels français et syriens reprochent au président français son revirement à propos de Bachar el-Assad.

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Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)

Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)

Keystone
L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)

L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)

Keystone
Plus d'un quart de million de Syriens ont déjà fui l'offensive du régime sur les régions rebelles du sud de la Syrie, selon l'ONU. (Lundi 2 juillet 2018)

Plus d'un quart de million de Syriens ont déjà fui l'offensive du régime sur les régions rebelles du sud de la Syrie, selon l'ONU. (Lundi 2 juillet 2018)

Keystone

Une centaine d'intellectuels et spécialistes français ou syriens ont adressé une lettre ouverte au président Emmanuel Macron pour critiquer son revirement vis-à-vis du président syrien Bachar el-Assad, qu'ils qualifient d'«erreur d'analyse majeure».

Dans cette tribune publiée lundi par le journal Libération, chercheurs, journalistes et écrivains démontent point par point l'analyse du dossier syrien effectuée par le président français dans une récente interview au quotidien Le Figaro.

M. Macron avait notamment déclaré qu'il ne voyait pas de «successeur légitime» à Bachar el-Assad, et que ce dernier n'était pas «l'ennemi» de la France, mais celui du peuple syrien. «C'est une erreur d'analyse majeure qui non seulement affaiblira la France sur la scène internationale mais n'endiguera en aucune manière le terrorisme», écrivent les signataires, dont l'écrivaine et l'intellectuel syriens Samar Yazbek et Yassin al-Haj Saleh, les chercheurs Ziad Majed, Vincent Geisser ou Leïla Seurat, les journalistes Edith Bouvier ou Garance Le Caisne.

Crimes «largement documentés»

«En reconnaissant la légitimité de Bachar el-Assad, alors même que ses crimes sont largement documentés, vous placez la France dans la position d'Etat complice», déplorent-ils. «Vous déclarez vouloir poser deux lignes rouges, les armes chimiques et l'accès humanitaire . Celles-ci ont été franchies depuis longtemps en toute impunité. Vous en excluez d'autres: bombardements des populations civiles, tortures et incarcérations de masse, sièges de villes, enrôlements forcés... ces exactions sont tout autant inacceptables», dénoncent-ils.

Ils reprochent à M. Macron d'aligner la diplomatie française sur les positions américaine et russe, en donnant «un blanc-seing» au régime au nom de la lutte antiterroriste, alors que selon eux Assad «n'est pas l'ennemi du terrorisme, il en est le promoteur». Enfin, les signataires reprochent au président français d'«infantiliser tout un peuple». «Vous n'envisagez pas qu'il puisse désigner lui-même un successeur légitime à Assad», s'indignent-ils.

La guerre en Syrie a fait depuis mars 2011 plus de 320'000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

(AFP)

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