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ParisMadonna huée après son concert à l'Olympia

45 minutes et puis s'en va: c'est tout ce que Madonna a offert à ses fans à l'Olympia. Qui le lui ont bien rendu, puisqu'elle s'est fait huer après avoir quitté la scène.

Toute de cuir vêtue, Madonna a déçu une partie de ses fans avec un concert d'à peine 45 minutes à l'Olympia de Paris. Au final, elle a interprété «Je t'aime moi non plus», célèbre chanson du duo Gainsbourg-Birkin. Sous des lumières rouges et une scène dépouillée, elle a ligoté son partenaire danseur avant de faire mine de lui tirer une balle dans la bouche et de quitter définitivement la scène.

Après le concert, les réactions étaient mitigées. De nombreuses personnes ont scandé «Remboursez!»

«Le show en lui-même était plutôt pas mal, mais elle n'a même pas chanté une heure», regrette Guillaume Delaval, 33 ans. «Il y avait des places à plus de 200 euros (240 francs), c'est abuser. Et pendant un quart d'heure, elle a parlé de tolérance, on n'est pas à l'Onu ici», a-t-il lancé.

Hommage à la France tolérante

La chanteuse de 53 ans a effectivement rendu hommage à une France tolérante et accueillante envers les artistes étrangers.

«Je sais que j'ai fâché une certaine Marine Le Pen. Ce n'est pas mon intention de me faire des ennemis», a-t-elle lancé sur scène peu après le début du concert, en référence à ses démêlées avec le parti français d'extrême-droite.

Le FN a annoncé son intention de déposer plainte pour «injure» contre Madonna. Durant son concert le 14 juillet au Stade de France, la chanteuse a diffusé le clip vidéo montrant brièvement Marine Le Pen affublée d'une croix gammée sur le front.

Sans repasser cette image jeudi soir à l'Olympia, la star vêtue de cuir et coiffée d'un bérêt a vanté la tradition de tolérance et d'accueil de la France envers les artistes.

«Critique du Front national»

«Avant le mouvement des droits civiques aux Etats-Unis, les artistes afro-américains n'étaient pas autorisés à se produire en Amérique (...) mais la France leur a ouvert les bras», a-t-elle dit, citant Josephine Baker ou Charlie Parker.

«Les gens de couleur, les gens différents, les minorités se sentaient bienvenus en France» et «tout le monde venait en France pour créer», s'est-elle exclamée devant quelque 2700 fans.

Or, aujourd'hui, «le monde est en train d'entrer dans une période qui fait peur. Les économies s'écroulent, les gens n'ont rien à manger en Grèce, les gens souffrent partout dans le monde et ils ont peur. Et que se passe-t-il quand les gens ont peur? Ils deviennent intolérants», a-t-elle déploré, dans une critique à peine voilée des thèses du Front national.

Je t'aime moi non plus de Gainsbourg

(ats)

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