Suisse - Magdalena Martullo-Blocher veut une nouvelle centrale nucléaire
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SuisseMagdalena Martullo-Blocher veut une nouvelle centrale nucléaire

La conseillère nationale UDC craint une pénurie d’électricité pour la Suisse. Comme il ne faut pas compter sur l’UE pour les importations, il faut en passer par le nucléaire, estime-t-elle.

Magdalena Martullo-Blocher, fille de Christoph Blocher et patronne du groupe Ems Chemie.

Magdalena Martullo-Blocher, fille de Christoph Blocher et patronne du groupe Ems Chemie.

AFP

Alors que le peuple suisse s’est prononcé à 58% en mai 2017 en faveur de la sortie du nucléaire via l’approbation de la Stratégie énergétique 2050, la conseillère nationale UDC Magdalena Martullo-Blocher estime que la Suisse ne peut pas se passer de l’atome. Elle exige même la construction d’une nouvelle centrale, fait-elle savoir jeudi dans une interview accordée au Blick.

«Aujourd’hui, en Suisse, l’électricité est produite presque exclusivement par des centrales hydroélectriques et nucléaires. Avec l’abandon progressif du nucléaire, il nous manquera un tiers d’électricité», explique-t-elle. D’où viendra le courant qui manque, s’interroge-t-elle en citant les besoins accrus en électricité qui s’annoncent en raison notamment de la hausse attendue des voitures électriques ainsi que la numérisation. Et elle balaie la question de l’énergie solaire. «Les panneaux solaires ne produiront de l’électricité que l’été. Que se passera-t-il alors en hiver?»

Importations de l’UE «irréalistes»

Selon elle, le Conseil fédéral est conscient du problème puisqu’il prévoit d’importer jusqu’à 40% de courant en provenance de l’Europe en hiver. Ce qui est «irréaliste», selon Magdalena Martullo-Blocher. Elle avance que l’UE a également des problèmes d’approvisionnement, d’autant qu’elle souhaite s’affranchir du charbon. «Il est totalement illusoire de penser que l’UE continuera à approvisionner la Suisse en hiver, alors que tout le monde a de toute façon besoin de plus d’électricité. Nous devons nous organiser».

Du coup, la patronne du groupe EMS Chemie et fille de Christoph Blocher exige que la ministre en charge de l’énergie, Simonetta Sommaruga, prenne «ses responsabilités» pour éviter toute pénurie. «Nous ne pouvons pas nous permettre d’arrêter l’énergie nucléaire et de perdre un tiers de notre production d’électricité», plaide-t-elle. Elle prône donc non seulement la construction d’une nouvelle centrale mais aussi la prolongation de la durée de vie de celles qui existent aujourd’hui d’au moins 10 ans.

Or prolonger la durée de vie de vieilles centrales a un coût. «Mais comparé aux pannes de courant qui paralyseront toute la Suisse, c’est peu», estime-t-elle. Quant à la volonté du peuple d’abandonner le nucléaire, Magdalena Martullo-Blocher contre-attaque: «nous avons aussi la responsabilité de tenir la promesse inscrite dans la loi sur l’énergie de garantir à la population un approvisionnement complet en électricité».

«Une absurdité» pour les Verts

Les propositions de la conseillère nationale UDC ont fait bondir les Verts qui ont réagi aussitôt dans un communiqué. Pour le parti écologiste, construire une nouvelle centrale est une absurdité: «elle ne contribue en rien à effectuer rapidement le tournant énergétique. Il faut des décennies pour qu’elle produise de l’électricité», souligne la conseillère nationale genevoise Delphine Klopfenstein Broggini.

«De surcroît, une centrale représente un gros risque sécuritaire… sans parler des déchets pour lesquels nous n’avons toujours pas de solution». Depuis longtemps, nous avons de bonnes alternatives renouvelables et meilleur marché à l’énergie nucléaire, rappelle-t-elle. Il s’agit maintenant de passer à la vitesse supérieure, estime la Genevoise.

(cht)

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