Tennis: Magnus Norman: «Je n'oublierai jamais ces minutes»
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TennisMagnus Norman: «Je n'oublierai jamais ces minutes»

L'entraîneur de Stan Wawrinka a révélé plusieurs anecdotes de leur longue collaboration dans un podcast.

La complicité entre Stan Wawrinka et Magnus Norman.

La complicité entre Stan Wawrinka et Magnus Norman.

Keystone

Il n'était pas rassasié. Ancien numéro 2 mondial et finaliste de Roland-Garros en 2000, vaincu par Gustavo Kuerten - le Brésilien allait remettre quinze ans plus tard le trophée de vainqueur à Stan Wawrinka -, Magnus Norman n'était pas pleinement satisfait de sa carrière de joueur. «Je sentais que j'avais plus en moi que ce que j'ai pu montrer. J'avais encore faim et c'est pour cela, à mon avis, que je coache encore aujourd'hui». Pour le podcast «Tennis with an Accent», le Suédois a fait un saut dans un passé pas si lointain. Et aussi pas mal parlé du Vaudois, qu'il entraîne depuis 2013 - sans oublier leur courte séparation entre octobre 2017 et juin 2018. Morceaux choisis.

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1. Les débuts avec «Stan The Man»

«Après avoir entraîné Robin (Söderling), ma femme et moi voulions avoir des enfants, et quand vous essayiez, vous devez rester ensemble, alors j’ai dû arrêter de voyager un peu (rires). C'est à ce moment-là que l’agent de Stan m’a appelé plusieurs fois et a essayé de me convaincre de travailler quelques semaines avec lui. Après avoir dit non plusieurs fois, j’ai fini par céder car les filles étaient déjà plus grandes. Je suis allé une semaine en Suisse, avant la saison sur terre battue et j’ai vraiment aimé travailler avec lui. Stan a une personnalité très différente de celle de Robin et cela a 'matché' tout de suite entre nous (...) La semaine suivante, il a gagné le titre à Estoril, puis nous sommes allés au Masters 1000 de Madrid ensemble où il a fait sa première finale. On a eu bon départ tous les deux, il a tout de suite suivi mes conseils, même si j'ai un peu de chance aussi.»

Les deux hommes en mai 2015 à Roland-Garros.

Les deux hommes en mai 2015 à Roland-Garros.

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2. Le travail avec «Stanimal»

«Lorsque Stan a confiance en lui et qu'il est bien préparé, il est une menace pour tout le monde. Les suiveurs du tennis parlent de son revers et oui, c'est l’un des meilleurs coups du circuit. Cependant, nous avons essayé de faire évoluer son jeu, principalement grâce à son service qui, je pense, reste sous-côté. Il lui donne de la puissance sans forcer, en plaçant très bien la balle, et possède également un excellent deuxième service. On parle beaucoup de son revers mais quand il est confiance sur son coup droit, il peut rester dans les rallyes et faire très mal à son adversaire. On l’a rendu plus solide de ce côté là. Son revers, c'est différent, il a toujours été là. C’est dans son ADN.»

Le Vaudois à l'échauffement avec Magnus Norman (à dr.) et Daniel Vallverdu l'an dernier à Wimbledon.

Le Vaudois à l'échauffement avec Magnus Norman (à dr.) et Daniel Vallverdu l'an dernier à Wimbledon.

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3. Contre Novak, la plus surprenante

«Stan n'aime pas recevoir trop d'informations tactiques avant un match, c'est juste important d'être clair sur certains aspects. On parlait dans le vestiaire avant la finale contre Novak Djokovic en 2016 et je lui disais à quel point j'étais fier, pas seulement de son US Open mais aussi de tout son travail accompli lors de la tournée estivale. Il était probablement nerveux avant cette rencontre et il a commencé à pleurer pendant que je parlais. Du coup, je me suis mis à pleurer aussi (rires). Nous étions là, tous les deux, à pleurer au vestiaire. C'était vraiment des minutes très émouvantes, avant que l'arbitre annonce le début de la rencontre. Mais c'était un bon moment, cela nous a permis d'évacuer. Ce sont des minutes que je n'oublierai jamais.»

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4. Quid de la suite?

«Il vient d'avoir 35 ans. Et des jeunes arrivent. Cela va devenir de plus en plus dur de gagner des Grand Chelem. Mais c'est aussi une motivation et un challenge de durer, d'affronter la nouvelle génération. Je crois qu'il a encore de bons résultats en lui. Il avait bien démarré avec ce quart de finale à l'Open d'Australie. Là, on va devoir presque tout recommencer depuis le début. C'est une très longue pause et il ne peut pas frapper du tout dans la balle. Il va être frais pour ce nouveau départ et doit se maintenir aussi fit que possible à la maison, avec les programmes de Pierre Paganini. Mais oui, je crois qu'il a encore de belles choses à faire sur le circuit. Et tant qu'il me voudra à ses côtés, je répondrai présent.»

Jérémy Santallo

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