Dog dance: Main dans la patte

Actualisé

Dog danceMain dans la patte

Membre de l'équipe nationale, Sylvia Sanchez-Habersaat pratique depuis trois ans une discipline canine qui grandit loin des projecteurs et redéfinit les contours de la relation entre l'homme et le chien.

par
Mathieu Roduit
Le Matin Dimanche
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Sylvia Sanchez-Habersaat et «Joey» forment un duo inséparable. Ils parcourent des centaines de kilomètres pour participer à des compétitions.

Sylvia Sanchez-Habersaat et «Joey» forment un duo inséparable. Ils parcourent des centaines de kilomètres pour participer à des compétitions.

OLIVIER MAIRE
Sylvia Sanchez-Habersaat et «Joey» forment un duo inséparable. Ils parcourent des centaines de kilomètres pour participer à des compétitions.

Sylvia Sanchez-Habersaat et «Joey» forment un duo inséparable. Ils parcourent des centaines de kilomètres pour participer à des compétitions.

OLIVIER MAIRE
Sylvia Sanchez-Habersaat et «Joey» forment un duo inséparable. Ils parcourent des centaines de kilomètres pour participer à des compétitions.

Sylvia Sanchez-Habersaat et «Joey» forment un duo inséparable. Ils parcourent des centaines de kilomètres pour participer à des compétitions.

OLIVIER MAIRE

Des airs orientaux retentissent. Le chien virevolte alors, tourbillonne et semble parti dans une transe spirituelle. Le voilà qui lève les deux pattes, obéissant à l'appel de son binôme humain. Puis, à califourchon sur sa maîtresse, il exécute avec habileté la chorégraphie de dog dance (danse du chien) maintes fois entraînée.

L'espace de quelques minutes, la dominance maître-animal se brise. Le chien épouse les mouvements de la femme dans une joyeuse harmonie. «Nous formons une véritable équipe», confirme Sylvia Sanchez-Habersaat, seule Romande membre du team national de dog dance. Voilà trois ans, cette Bâloise d'origine a eu le coup de foudre pour «Joey», un carea leonés libéré de sa prison par la SPA d'Angoulême. À voir aujourd'hui l'animal danser si allègrement, on peine à imaginer le chemin parcouru. «Tout chien peut pratiquer le dog dance. Mais «Joey» était craintif quand je l'ai recueilli. Il avait tout à apprendre», se souvient Sylvia.

Programmes libres et imposés

Et pourtant, la magie a opéré. À 5 ans, «Jo» a acquis une docilité telle que sa maîtresse choisit de participer à des compétitions. «J'ai découvert ce sport par hasard, en fait», se revoit la citoyenne des Mayens-de-Chamoson (VS), dans un charmant accent alémanique. «Au club canin de Genève, un professeur donnait des cours.» Sylvia Sanchez délaisse alors vélo et baskets et s'adonne des heures durant à son nouveau dada. «Jo» en devient un peu plus qu'un animal de compagnie. «Je partage avec lui promenades, courses à pied, agilité.»

Imaginé outre-Manche au milieu des années 1980, le dog dance a timidement conquis l'Europe de l'Ouest et les États-Unis. En Suisse, la discipline reste aujourd'hui cantonnée à la Suisse alémanique, de quoi marginaliser Sylvia Sanchez. «Outre-Sarine, des salles sont spécifiquement réservées pour les entraînements de dog dance. Les compétitions y sont plus nombreuses», regrette la Valaisanne d'adoption. Le seul concours du genre dans nos contrées se tient chaque mois de novembre à Palexpo (GE). Pour pratiquer son sport, Sylvia Sanchez parcourt donc des centaines de kilomètres. «L'Allemagne a, par exemple, accueilli les championnats du monde. Malheureusement, seuls les chiens avec un pedigree ont pu y prendre part.»

Multiplication des fédérations comme des règlements, le dog dance souffre encore de la fragilité de ses instances. «En France, la fédération n'est ainsi pas reconnue par son homologue international (FCI).» Pour autant, le principe des concours (programme libre ou imposé) reste similaire, soit décrocher la meilleure note possible de trois jurés. «Nous pouvons comparer cela au patinage artistique.»

Même en l'absence de primes mirobolantes, la triche a aussi fait son apparition dans le milieu. «Nous avons vu par exemple des maîtres cacher de la nourriture dans leurs poches, alors que c'est interdit. D'autres propriétaires ont dopé leur animal», soupire même la maîtresse de «Jo».

À des années-lumière du sport business, le dog dance est néanmoins appelé à croître dans les années futures. «L'image du chien est en train de changer. Les gens commencent à prendre la pleine mesure de ses capacités.» Techniques et artistiques.

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