Australie: Mais qui a bien pu créer le «Marree Man»?
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AustralieMais qui a bien pu créer le «Marree Man»?

Il y a vingt ans, on découvrait ce géoglyphe de plus de 4 km de long. Une récompense vient d’être offerte pour percer le mystère de sa création.

par
Renaud Michiels
Le tracé du gigantesque Marree Man mesure 28 kilomètres de long!

Le tracé du gigantesque Marree Man mesure 28 kilomètres de long!

Peter Campbell/Wikimedia/Commons/CC-BY-SA

Des théories sur le «Marree Man», l’entrepreneur australien Dick Smith en a entendu des paquets. «La seule à laquelle je ne crois pas est qu’il aurait été réalisé par des extraterrestres», a-t-il lancé sur ABC Radio Adelaide. En début de semaine, Dick Smith a décidé d’offrir 5000 dollars australiens – quelque 3700 francs – à qui percerait le mystère de la plus grande œuvre d’art du monde, un géoglyphe découvert il y a 20 ans.

Des lignes de 35 mètres de large

C’était le 26 juin 1998. Avec son hélicoptère, le pilote Trec Smith Trevor Wright survole alors un plateau désertique, non loin de Marree, au sud de l’Australie. Il est le premier à voir l’invraisemblable: une silhouette dessinée sur le sol, gigantesque, monstrueuse. Le personnage mesure 4,2 km de «haut». Son tracé 28 km. Les «lignes» qui le composent sont profondes d’une trentaine de centimètres. Certaines atteignent 35 mètres de large! Ce colosse prend alors le nom de la ville la plus proche. Ce sera le «Marree Man», l’homme de Marree. Selon la majorité des experts il représente un Aborigène, nu, probablement en train de chasser avec un woomera, un bâton servant à propulser une sagaie.

Mais qui a bien pu le créer? Et comment? On parle d’un travail herculéen qui a été réalisé sans être repéré. Et à l’époque, rappelle la presse australienne, le grand public n’avait pas accès à des GPS précis, probablement indispensables pour engendrer un tel géant. Dick Smith pense qu’il s’agit de l’œuvre de professionnels. Qui devaient être «trois ou quatre». Et qu’il a fallu des semaines pour creuser le personnage. S’il a raison, le mystère est d’autant moins compréhensible. Pourquoi personne n’a jamais parlé depuis tout ce temps? Sans certitude, il ne reste que les spéculations. Bardius Goldberg, un artiste local, a été suspecté. Il n’a jamais confirmé ni infirmé. C’est une piste sérieuse, mais il est décédé en 2002.

La piste américaine

Mais on a aussi songé aux indigènes – le «Marree Man» est sur un territoire aborigène. À l’armée australienne. Ou à des Américains. L’été suivant la découverte, de mystérieux fax anonymes étaient parvenus à la presse locale. Des tournures de phrases laissaient songer qu’ils avaient été rédigés par des Américains. Et on y parlait de miles alors que les Australiens parlent en kilomètres. Mais peut-être était-ce destiné à brouiller les pistes. Vingt ans plus tard, on n’est pas plus avancé.

La terre qui abrite le géant appartient au peuple Arabana. L’accès au site est interdit, mais on peut le survoler pour l’admirer. Lors de sa découverte, il y a 20 ans, des Aborigènes avaient taxé le «Marree Man» de vulgaire «graffiti» souillant leur terre. Aujourd’hui, les opinions sont partagées car l’œuvre est devenue iconique, mythique. «Peut-être que le mystère fait partie de son attraction», admet sur la BBC Lorraine Merrick, manager de l’Arabana Aboriginal Corporation. Alors faut-il vraiment le percer?

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