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AgressionMais qui vole des queues de cheval?

A Illarsaz (VS), un rôdeur malveillant coupe les crins des queues des chevaux, durant la nuit. Hier encore, il a sévi une sixième fois. Les propriétaires vont porter plainte.

par
Anne-Florence Pasquier
Natacha Brède, propriétaire de «Buck», 18?ans, est en colère et décidée à retrouver le vandale.

Natacha Brède, propriétaire de «Buck», 18?ans, est en colère et décidée à retrouver le vandale.

Sabine Papilloud

Le gredin au ciseau aiguisé a encore frappé. Pour la sixième fois, durant la nuit, il s’est faufilé entre les barbelés du paddock de l’écurie d’Illarsaz (VS). Attirant les canassons avec du pain, il attend patiemment que les bêtes se retournent, puis s’acharne à cisailler mèche par mèche les crins des queues des chevaux. C’est du moins ce qu’en a déduit Nadine Garnier en voyant l’état des crins. «Soit c’est un tordu, soit quelqu’un m’en veut. C’est pitoyable de s’en prendre à des animaux», s’indigne cette gérante de l’écurie et propriétaire d’une jument attaquée. Elle ne comprend rien à ce qui lui arrive.

Sept victimes

Tout a commencé, il y a trois semaines. Alors que Nadine se trouvait en vacances, l’une des pensionnaires, Natacha Brède, l’a alors avertie du méfait. Celle-ci se souvient: «Quand j’ai vu ça, j’ai pleuré. Mon vieux «Buck» de 18 ans avait la crinière toute détruite. Il était complètement amorphe.» Après la crinière de ce hongre, le rôdeur s’en est pris à la queue de la jument «Sissi», jeune maman d’un poulain, puis à quatre autres chevaux. Il a même fini par s’attaquer à l’ânesse. Par chance, comme le relève Jean-Marc Rochat, vétérinaire équin, «l’animal ne souffre pas. Toutefois, ça peut très vite saigner si l’on coupe jusqu’à l’os.» Là où le malfaiteur s’est juste arrêté.

Les propriétaires s’organisent

«La première fois, on relativise, car les bêtes étaient en bonne santé. Puis on finit par prendre peur. On ne sait pas à qui on a affaire. Vais-je un jour retrouver mon cheval en steak?» s’inquiète Nadine Garnier qui a dès lors alerté la police. Avec l’aide des cinq autres propriétaires, elle s’est depuis organisée pour faire des rondes durant la nuit. «D’après les policiers, il viendrait à la nuit tombée», explique-t-elle, décidée à veiller une nouvelle fois pour tenter de l’attraper. Et d’ajouter: «On prépare un dossier, on va déposer une plainte collective.»

Ce fait rarissime fera l’objet d’une enquête de la police cantonale qui, une fois la plainte déposée, devrait déterminer les circonstances et raisons de ces actes. «C’est une attitude qui relève du crétinisme», remarque Jean-Marie Bornet, porte-parole de la police valaisanne. Si le crin des étalons des régions froides reste une matière très recherchée pour les archets de violons et peut se monnayer jusqu’à 350 euros le kilo, le geste de ce voleur est d’autant plus bizarre que le crin des juments n’est jamais utilisé. En urinant dessus, elles le détériorent.

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