28.12.2018 à 12:32

PassionMais si, on peut être fada de tramways hippomobiles!

Biennois jusqu'au bout des ongles, le documentaliste Michel Rossier (51 ans) a édité un ouvrage entièrement consacré aux antiques tramway tractés par un cheval.

von
Vincent Donzé
Michel Rossier, son ouvrage publié à compte d'auteur en main.

Michel Rossier, son ouvrage publié à compte d'auteur en main.

DR

Pour éditer un ouvrage à compte d'auteur, il faut être convaincu par son contenu. C'est le cas du documentaliste Michel Rossier (51 ans), dont la publication parue il y a une semaine s'intitule «Tramways hippomobiles (1877-1902)»...

Né en 1967, Michel Rossier prenait le bus en boucle quand il était gamin, avec une carte journalière. Le bus ou le trolley, mais plus le tram, qui avait disparu. Et encore moins le tramway hippomobile.

Pas le permis

Graphiste de profession, il n'a jamais travaillé pour les Transports publics biennois (TPB): «Je n'ai pas le permis...», rigole-t-il. C'est son âme d'historien qui l'a plongé dans des archives, aiguillé par des indices détectés dans les rapports de gestion d'entreprises de transports publics.

«Il s'agit d'assembler les pièces d'un puzzle: un vrai travail d'enquête!», résume le documentaliste.

À l'époque

Sa toute première publication a demandé deux ans de recherches. Pour les infos, mais aussi pour les photos. «L'avantage en remontant à l'époque des tramways, c'est qu'il n'y a pas de droit d'auteur...».

D'autres ouvrages sont en préparation, sur les trams électriques, les bus et les trolleys, mais c'est une musique d'avenir... Sans aucun soutien, ses demandes ayant essuyé des réponses négatives ou pas de réponse du tout, Michel Rossier a tout fait tout seul.

30 exemplaires

Son ouvrage, Michel Rossier l'a tiré à 30 exemplaires. «C'est un truc de niche, destiné avant tout à... me faire plaisir», reconnait-il. Un plaisir qu'il souhaite partager, raison pour laquelle il a déposé son ouvrage à la Librairie Bostryche et au Comptoir du Thé.

«Ce livre comble une lacune: j'ai corrigé les erreurs imprimées ici et là à ce sujet», reprend Michel Rossier, fâché par «la destruction de la quasi totalité des archives genevoises, biennoises et postales sur le sujet».

Réseau genevois

Le tramway hippomobile mis en service dès 1862 sur le réseau genevois a précédé celui de Bienne, au bénéfice d'une concession accordé en 1875 par les institutions fédérales pour l'exploitation d'un «chemin de fer à traction de chevaux de Boujean à Nidau, par Bienne».

Tous les détails historiques rapportés par Michel Rossier sont, comme il dit, «de petites pierres à l'édifice biennois». Une ville où il pratique le bilinguisme, mais où il n'a pas pu prévoir une version alémanique de son ouvrage, faute de soutien.

À 24 francs l'exemplaire, Michel Rossier n'a qu'un objectif: rentrer dans ses frais. «La photo de couverture m'a coûté 60 francs: c'est ma sœur qui me l'a offerte pour Noël», confie-il. Il s'agit d'une carte postale dont il a obtenu le négatif pour le scanner en haute résolution.

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