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Tribunal de la HayeMalade, l'ultranationaliste Seselj de retour en Serbie

Remis en liberté pour raison de santé, le leader ultranationaliste serbe Vojislav Seselj est arrivé mercredi à Belgrade, jurant de renverser ses anciens alliés, aujourd'hui président et premier ministre de la Serbie.

L'ultranationaliste serbe Vojislav Seselj est de retour à Belgrade.

L'ultranationaliste serbe Vojislav Seselj est de retour à Belgrade.

AFP

Le leader ultranationaliste serbe Vojislav Seselj a été mis en liberté provisoire ce mercredi 12 novembre pour raison de santé par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).

Accusé par le TPIY d'avoir notamment par sa violence verbale enflammé les Balkans dans les années 90, Vojislav Seselj est en détention depuis le 24 février 2003. A 60 ans, l'accusé est en attente d'un jugement pour meurtres, tortures et autres crimes présumés commis en Croatie et en Serbie. Il plaide non coupable.

Les juges du TPIY avaient pris jeudi passé la décision de libérer M. Seselj en raison «de l'état de santé détérioré de l'accusé et pour lui donner l'opportunité de recevoir un traitement (médical) dans l'environnement le plus approprié». Il doit être soigné d'un cancer.

Vojislav Seselj a été accueilli à l'aéroport de Belgrade par des membres de sa famille, des responsables de son Parti radical (SRS) et plusieurs centaines de sympathisants euphoriques qui scandaient «Vojo», Vojo» (ndlr: le diminutif de son nom) et «victoire, victoire».

«Traîtres serbes»

Amaigri, le visage rougi mais la voix ferme, Vojislav Seselj s'est vivement attaqué à ses anciens très proches collaborateurs Tomislav Nikolic et Aleksandar Vucic. Ces derniers sont deux anciens membres du parti ultra-nationaliste. Tous deux ont quitté le SRS en 2008 pour créer leur parti d'orientation pro-européenne.

«Ils (ndlr, le TPIY) disent que (ma libération) est provisoire. Mais elle va être provisoire jusqu'au moment où nous allons chasser du pouvoir Tomislav Nikolic et Aleksandar Vucic, nos renégats et traîtres serbes qui ont vendu leur honneur, ont renoncé au nationalisme serbe et sont devenus des serviteurs de l'Occident».

«Détruire le tribunal de La Haye»

Le chef de file des ultranationalistes s'est ensuite lancé dans un réquisitoire contre le TPIY. «Le TPIY m'a expulsé brutalement (...). Je n'avais rien demandé, ils n'ont pas posé de condition, ils voulaient simplement se débarrasser de moi au plus vite», a assuré Vojislav Seselj.

«J'ai promis de détruire le tribunal de La Haye. Cela a duré un peu plus longtemps que prévu», a-t-il lancé interrompu par des cris «victoire, victoire». Le TPIY «continue de détruire les vies de vénérables leaders et généraux serbes tels Radovan Karadzic», a poursuivi Vojislav Seselj.

Chefs militaires

«Il juge les Serbes parce qu'ils sont des Serbes et les condamne à des peines draconiennes. Il juge nos généraux parce qu'ils ont défendu leur patrie, il juge le célèbre général Ratko Mladic qui est tellement malade qu'aucun tribunal au monde ne le jugerait. Ce régime à Belgrade observe tout cela en silence et n'entreprend rien», a insisté Vojislav Seselj.

Les chefs politique et militaire des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic et Ratko Mladic sont jugés notamment pour génocide durant la guerre de Bosnie (1992-95). Ils sont accusés d'avoir organisé le massacre de 8000 musulmans bosniens à Srebrenica en juillet 1995, la pire tuerie en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Persécutions ethniques

Accusé d'avoir mené des persécutions ethniques contre des Croates, musulmans et autres non-Serbes durant les guerres qui ont déchiré l'ex-Yougoslavie au début des années 90, Vojislav Seselj avait subi en décembre une opération pour un cancer du côlon.

Les juges ont posé deux conditions à sa mise en liberté: que Vojislav Seselj n'ait aucun contact avec les personnes ayant témoigné lors de son procès et qu'il se présente devant les juges si ceux-ci l'exigent.

La Serbie a accepté le retour de l'ultranationaliste, condamné à plusieurs reprises pour outrage au tribunal lors de son procès, à la condition qu'il accepte les mesures imposées à sa liberté provisoire. Or, Vojislav Seselj avait précédemment refusé de les accepter.

(ats)

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