Mauvais accueil: Malades et en plus mal logés
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Mauvais accueilMalades et en plus mal logés

Intoxication alimentaire, locaux souillés et punaises de lit: les policiers du groupe latin de maintien de l’ordre mobilisés à Genève n’ont pas été à la fête…

par
Valérie Duby
Matelas souillés, couvertures aux odeurs «pestilentielles», les policiers romands sont bien mal logés pour assurer la protection des grands de ce monde.

Matelas souillés, couvertures aux odeurs «pestilentielles», les policiers romands sont bien mal logés pour assurer la protection des grands de ce monde.

Ça va mieux, mais il faut que ça passe… Tel est, en résumé, le bulletin de santé du Groupement latin de sécurité et de maintien engagé depuis la semaine dernière à Genève pour assurer la sécurité entourant les discussions sur Chypre et la venue du président chinois, Xi Jinping. Comme l’a révélé vendredi soir le «Téléjournal» de la RTS, plus d’une centaine de policiers – sur les 300 mobilisés – ont connu une intoxication alimentaire en fin de semaine dernière. Depuis, les estomacs vont un peu mieux. Certains policiers sont guéris, d’autres en convalescence. Les services du médecin cantonal doivent déterminer la cause de l’intoxication. Selon nos informations, c’est une blanquette de veau servie aux policiers – préparée par un traiteur – qui est à l’origine de l’hécatombe.

Conditions inacceptables

Ce qui passe mal pour les forces de l’ordre, ce sont surtout les conditions dans lesquelles les policiers romands et tessinois ont été hébergés à Genève pour la tenue de ces deux opérations baptisées «Aphrodite» et «Panda». Pour une raison inconnue, les fonctionnaires de police devaient être logés non pas à la caserne des Vernets mais dans un abri de la PCi. Mauvaise idée, celui-ci, situé à Bernex, est infesté de punaises de lit. En urgence, on trouve d’autres locaux, à Vernier et à Lancy. C’est mieux. Mais pas top non plus: quatre douches pour quarante personnes. Pas de sacs de couchage mais des matelas souillés (sans protection), des couvertures aux odeurs «pestilentielles», une température intérieure presque identique à celle extérieure. Une situation jugée «totalement inadmissible» par la Commission du personnel de la police et qui fait dire à plusieurs policiers que les détenus de Champ-Dollon sont nettement mieux logés qu’eux.

Au final, après doléances à la hiérarchie et à la commandante de la police, Monica Bonfanti, «très concernée par cette problématique» selon une lettre en notre possession, tous les fonctionnaires de police ont été relogés, dès vendredi dernier déjà, à la caserne des Vernets, «là où les policiers auraient dû être placés dès le début», constate Sébastien Glauser. Le vice-président de l’Union du personnel du corps de police pointe du doigt la mauvaise organisation de ces opérations: «Depuis le 1er mai, date de l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la police, on va de catastrophe en catastrophe. Il n’y a plus de communication entre les services, chacun prêchant pour sa paroisse.» Sébastien Glauser l’affirme: «Pierre Maudet doit revoir son organisation de la police.»

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